220 LA REVUE SOCIALISTE un palais social, où quatre cents familles, employées dans sa manufacture, trouvent tous les avantages et les équivalents de la richesse: éducation de l'enfance, instruction primaire et secondaire, mutualité, secours de tout genre dans les maladies, la vieillesse, etc. L'industrie ùu Familistère, toujours florissante, a pour objet la fabrication d'appareils de chauffage, de cuisine et autres en fonte polie, émaillée (1). Rupposons qu'un Godin agriculteur, au lieu d'être un industriel, se mette en tête et prenne à cœur de faire pour notre commune l'équivalent de ce qui a été exécuté à Guise. Ce nouvel initiateur se trouvera clans des conditions infiniment plus favorables que son devancier, et il le devra à la nature spéciale clu travail agricole. En effet, l'ensemble d'une vaste exploitation agricole comporte une grande variété de besognes et de métiers, variété on ne peut plus favorable pour tirer parti de tout le monde, des petits, des faibles comme des grands et des forts. Cette grande variété rendra très facile le changement d'occupations pour chacun. On ne sera plus attaché à la glèbe, voué à une seule besogne contraire à l'hygiène et contraire à la nature multiple de l'homme. Si l'on ajoute que cette grande exploitation agricole sera pourvue <le l'outillage moderne et des machines ingénieuses qui décuplent la force humaine ; qu'il est possible de solidariser les intérêts de tous ces travailleurs; de les mettre à même d'être bons juges de la valeur et du mérite de chacun, et partant d'établir pour tous une r<'munération équitable, il devient manifeste que nous sommes en présence <leconditions nouvelles, propres à rendre le travail généralement acceptable, comme une fonction naturelle. Mais, pénétrons plus avant clans cette transformation, envisageons cette population entière, hommes, femmes, enfants, en face de cette immense variété de travaux, toujours renaissants, qui comportent les semailles, la fenaison, la moisson, le soin des animaux, la laiterie, la fromagerie, peut-être la fabrication du vin ou celle du cidre, de la bière, puis la préparation des plantes textiles, (l) Depuis l'achèvement de ce travail, l'œuvre de l\I. Godin a pris la forme définitive de l'association. Par acte authentique, les usines et le palais social de Guise forme le capital d'une société, dont les travailleurs deviennent les actionnaires et co-pt·opriétaires, grâce à leur part de bénéfice dans l'œuvre commune. Seuls, les ouvrier a peuvent devenir actionnaires. Les ault·es posscsscure de parts de capital ne reçoivent qu'un intérêt à 5 0/0. Donc, dans quelques années, les ouvriers associés se trouveront à peu près les propriétaires uniques aussi bien que les exploiteurs des usin~s et du palais de Guise. Le travail et le capital, ailleurs frères ennemis, aeront ici intimement unis.
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