La Revue socialiste - 1893 - Tome XVII - vol 01

LE SENTD:IE:XT DE JUSTICE 219 V.- LA XOUVELLE ÜRGANISATION DU TRAYAlL. Abordons de plus près le problème, et pour 4.u'on en ape1·ç·oive la solution, supposons pour un instant, que les :mciété::ihumaines, ùébanassécs enfin de leur manie destructive et de wus les désastres qu'entraîne cette manie, soient parvenues à une épociue de raison et de paix où le travail soit reconnu comme étant la fonction essentielle de l'homme, puisque c'est l'emploi normal de tontes ses forct's et aptitudes, l'expansion naturelle de son organisme. Loin d'être considéré comme une marque de déchéance, une peine, un châtiment, le travail au contraire est devenu l'état naturel de l'homme, sa jouissance et la glorification de son être. Xous allons montrer combien, dans ces ,ues nou,·clles, tous les travaux que nous connaissons vont se trou ver transformés en fonctions parfaitement acceptables. Soit l'agriculture, pour commencer par le plus général et le plus important des travaux, qui nous soit imposé par la nature des choses. Jusqu'ici, l'exploitation du sol, nécessité de premier ordre, a toujours constitué pour Je simple ouvrier des champs un labeur non moins rude qu'ingrat, présenta.nt moins cl'anmtages que la plupart des autres métiers. De là l'émigration des campagnes vers les villes, dont beaucoup se plaignent. Il n'en peut être autrement. Le travail, comme le capital, va naturellement lit où la rémunération est la plus avantageuse. Il n'y a qu'un seul moyen d'arrêter ce mouvement que l'on déplore, c'est de faire en sorte que l'ouvrier cles champs trouve à la campagne plus d'avantages qu'itla ville. La chose est-elle possible? Nous le croyons et nous allons le montrer. 1fais ce changement ne se peut opérer que par une transformation intelligente et rationnelle du travail et spécialement des travaux agricoles. Nous voyons ce qu'est devenue l'industrie, pratiquée sur une large échelle. Elle enfante des prodiges, malgré la lutte industrielle et une concurrence aveugle, anarchique. Supposons, pour un moment, qu'il s'agis~e d'une commune rurale d'environ quinze cents habitants, établie sur un ensemble ùe 2,000 à 2,500 hectares. Supposons encore qu'un homme expert, dévoué, intelligent, entreprenne sur ce champ de travail une création, analogue à quelques fondations existant déjà dans l'ordre industriel. A Guise, le fondateur du Familistère, M. Godin, a édifié

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