La Revue socialiste - 1893 - Tome XVII - vol 01

LE EX'l'IMEXT DE JVSTICE 221 <lucha:1Vre, celle de la laine, encore toutes les industries accessoires qui font cortège à l'agriculture, charronnagr, maréchalerie, •taillanderie, sellerie, bourrellerie, etc. : puis encore toutes celles dont a besoin une réunion d'hommes importante, tailleur5, cordonniers, sabotiers, blanchisseurs, bonnes d"enfants, instituteurs et institutrices <le tout genre et de tout degré. Il peut se rencontrer encore que cette commune agricole soit dans des condiiions à adjoindre à toutes ces branches d'activité, déjà si nombreu~cs une industrie technique, soit une sucrerie, une distillerie, une scierie, une fabrique de merrain, de tonneaux, d'huile végétale, l'engraissement des gros animaux ou celui de la volaille, l'exploitation de carrièras de pierres, d'ardoises, de chaux, <lesable, c'est à l'infini. Au milieu de ces besognes, impossibles a énumérer, on se figure aisément que chacun puisse choisir tout d"abord frois ou quatre fonctions par jour, et à l'usage de <1uelques autres encore, qu'il accomplira gt'.•néralmnent avec des compagnons et des compagnes de tout âge. Au lieu d'être seul en présence d'un métier monotone, l'homme se trouvera en plein milieu humain, vivant, actif, donnant et recevant des leçons, maître ici, là élève et apprenti, toujours proclucteur, concourant à une œuvr<Jcommune où sou int<'.•rêtpropre est lié à celui de ses semblables. Yoil.\ une e:;quisse des conditions naturelle,; où l'on peut concevoir, que l'homme trouverait l'exercice normal de son activité et l'emploi de toutes ses aptitudes si diveriles. 1 C'est ain,;i q ne l'on parviendrait :'t substituer au travail forcé, au travail peine et chàtiment, le travail-fonction, conforme à la nature de l'homme et accepté par lui, parce qu'il lui permet l'exercice régulier de ses forces et n'exige de sa part aucune mutilation de ses in,;tinct,; et de ses sentiments; lui donnant au contraire la pleine jouissance de son être. Par la vertu du travail-fonction, les forces et les aptitudes de l'homme, loin d'être diminuées, s'accroissent; l'exercice _de son activité, clans sa plénitude, coordonnée it l'action de ses semblables, produit son maximum d'effet utile. Ses sentiments de sociabilité sont satisfaits et se développent sans cesse; son besoin de justice trouve contentement dans une rémunération équitable, réglée par ses pairs, d'après la valeur de son concours à l'œu vre commune. Que pourrait-il manquer à l'homme clans un milieu ainsi constitué ? Par l'exercice intégral de l'activité humaine, on obtient une production intense et sans doute supérieure aux besoins, par !'engrènement des fonctions diverses, par le règlement public de la quantité de travail exécuté par chacun, on arrivera forcément

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