La Revue socialiste - 1893 - Tome XVII - vol 01

LA RÉVOUJTIOX DE DElIAJ S 21 :a rempli et vivifié l'àm.e dP la civilisation occidl'nta!C', il ne restP pluH que des habitudes cultul'lles, machinah•mcnt sui,ies par lïmmem1e majorité des prétC'ndus croyants. De toute la pratic1ue rl'ligieuse, lc•spaysans n·ont gar<lé an•c <1uclque n•spect 11uecclle <1ni se mpporte il la naibs,mcP, an mariagc, ou h la mort. Et eneon', peut-on dire cpw dans Cl'ttc obHervanee à peu près g-én!'.•ralede trois dri•monil's puhliqtws. il entre lwauconp plus cl"amour-propn•, tle vanit1'.>,dt>('rainte du : qn·Pn- <lirait-on ~ et de ,wntiment tic hien,;c'.•ancesociah• que de véritablt• foi. Quant an réginw privé,- le seul, au fornl, important, au point de nie moral,- il est, it peu prt•s dans toutes h·s dasses,abandonn{• ou du moin,; singulii•rement n{•glig{.• . \. part les très vieille;; frnunes et les tout1•,-jl•tme::; filles, pt•rsonne ne Hl' confesse dans no,1 campagne~ : pt•rsonne Ill' ,;ongC', clans le t111inorùinain• de la vie, it prendre Il' eun\ pour eonficll•nt <Hl conseillt•r. Dan,i lx•aucoup de nos d{•parrem1•11t,(;du Hud-Oue;;t, notamment), bien an contraire, le curé, hor:-1dl' son <'·gli:-1es, t plntêit considé1·é CO!llllll'un :-;us1wct l'( pre,iqm· t'0l\lllle un l'Illlellli. Dans nos claflsl's bourgeoii-;t>,-i,l l'St presqm· :,;uperllu de eon,;- tatl'I' (1ue les sentiull'nt,; religil'UX :-1011dte pur1• :-1urfael'.La foi y est it fleur dl• peau. Ll'Hbom·gi•ois sont (< croyantH ,, par!.:l' qu(• cela l'Ht comme il faut, hit•n port1\ et donne au rornril'I' en redingote jl' lll' ;;ais lilll'l ton ari:;tocrati<1tw. Pour d'autres, il faut lllll' le riche ait au moins l'air d,• croire ,1fin de maintenir c, /1•p1•11p/1• » dans l'l'lat ü\•sprit de soumi,:;sion et <lt•rl•speet l[Ue la religion impo:;e à ses fidèles. Quant aux daml•s, sïl est certain <1u'elles aipnt gardè au fond du cœur une rcligiosit<'.•vaguC', on peut dire i:;;mshlasph<'.•merque la foi ne les empêche pas ùe danser, et 11u\u-1,;uri'•nwnts,i l'on pla~·ait la plus <lévote entre la négligence de ses d1•voirs mon<lains et l'oubli de ses devoirs religieux intimes, ceux-ci courrail'nt grand riS11ue d'être sacrifiés. Yoyez donc, le dimanche, à midi et demie, dans toutes les l>glitiesde Paris et de province, les messes les plus en faveur, celle,i qui attirent la plus nombn•use et la plus éh\,rante assistance. Xe <:onstatez-vous pas que le Rentiment religieux est à peu près totalement absent de ces cérhnonies de luxe~ Ce sont des réunions de bonne compagnie, et l'on se rencontre à l'église comme dans un salon bien-pensant. Pour les dames, c'est une occasion de faire a,;~aut de toilettes; ear il est convenable d'aller prier le bon Dieu comme on ni voir eourir les chevaux. Pour les messi<'m-s (pour les jeune~, du moins), c'est l'occa-

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