20 LA REVUE SOCIAhlSTE de ma volonté! Dites à Dieu de me faire crofre â êës vh-îtés qtfo ]a science démontre comme impossibles et absurdes.» - Et comme Dieu ne par,,ît pas disposé à se prêter à cette opération, le problème reste insoluble, et le~ prédicateurs parlent comme saint Jean dans le désert. Du reste, il el:lt à remarquer que l'idéal chrétien, loin de pousser les opprimés à Yaincre les iniquités qui les accablent, eHt propr,e à les décourager, tout au moins à les rendre indifférents ;\ leur misère. En effet, la seule véritable existence, celle qui ne péri1-ajamais, celle dont l'existence terrestre n'est en quelque sorte qu'une préface préparatoire, n'est-ce pas l'existence future? L:t Yie terrestre n'étant qu'un moment désagréable à paRser; et d'autre part, nos souffrances, nos peines ici-bas nous étant comptée~ là-haut, en proportion de notre résignation à les subir, il serait aussi fou que chimérit1ue d'user nos forces en des tentatives cl'améliorationde nos conditions sociales. A quoi bon? Celui t]Ui occupe un champ pendant une journée seulement ne songe pas à y planter de~ arbres, ni à l'orner de fleurs: il ne songe pas même à l'ensemencer de graines, non plus qu'à l'enclore de murs pour le garder des voleurs. D'ailleurs, les doctrines théologiques ne sont plus susceptibles de diHcussion. Elles sont hors du domaine de la raison et dd l'examen. Elle;; ne cherchent pas à conYaincre : elles s'imposent, au nom d"une autorité supérieure, à laquelle il faut croire. ;\falheureusement les dogmes sur lesquels elles reposent sont ruinés, et ruinés à ce point qu'il n'est pas un catholique, aussi intransigeant qu'on le suppose, qui les accepte dans leur intégrité. L:t foi aux miracles, si vive au Moyen-Age, n'a pins de croyants, même parmi leS-plus dévots. Et cependant le miracle n'eHt-il pas la manifestation nécessaire, rationnelle, si un pareil mot peut être ici employé, de l'intervention constante d'une ProYidence intelligente dans les affaires publiques et privées des hommes et des sociétés ? Quel est le catholique, depuis le Pape jusqu\rn dernier des catéchumènes, qui ose aujourd'hui proclamer que l'Église a le droit, dont elle usait jadis, de contraindre à la foi les hérétiques et les schismatiques, et de demander à la justice civile la punition des athées? Et cependant, si l'Église est vraiment dépositaire de la vérité : si le salut éternel des âmes dépend de leur soumission aux enseignements révélés, n'est-ce pas le devoir, le plus impérieux des devoiri! pour les catholiques, de réclamer le retour au régime de l'Inquisition ? Non; de l'antique foi catholique qui, pendant dix-huit siècles
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