LE SENTIMENT DE JUSTICE 217 Il s'agit maintenant de trouver l'organisation industrielle, où l'homme, arrivé à ce point de développement, résultat de tant <le souffrances séculaires, puisse prendre saplace clans la Rociété et y employer utilement toutes ses forces. • Puisque l'homme est un être complexe, pourvu de facultés multiples et variées, à première vue un labeur unique, toujours le même, ne saurait lui consenir. Il peut s'y façonner, s'y résigner plus ou moins, en s'atrophiant, en se mutilant; mais à coup sûr il est dans ce cas condamné à une existence contre nature. Puisque l'homme est un être essentiellement sociable, qu'il souffre de l'éloignement de ses semblables, que cette priYation diminue son activité en l'attristant, en détendant les ressorts de son être, il est encore certain qu'il faut chercher dans l'atelier social des combinaisons qui ne soient pas contraii-es à ce besoin de sociabilité. Variété de fonctions, travail accompli avec des pairs et compagnons. Arrêtons-nous <l'abord à ces deux points principaux. L'un des progrès les plu manifestes de l'industrie c'est la division du travail et des fonctions. A l'origine des sociétés humaines, chacun est obligé de tout faire. Architecte, tailleur, cuisinier, charron, menuisier, forgeron, armurier, etc., l'individu, livré à lui-même, doit plus ou moins faire l'office de ce que nous représentent tous ces métiers et bien d'autres encore. A mesure que les sociétés deviennent moins mau;-aises; plus stables, plus pacifiques, à mesure que s'accroissent leurs ressources, nous voyous se produire le phénomène de la di vision du travail. L'un sera boulanger, l'autre tailleur, un troisième travaillera Je bois, un quatrième le fer, et ainsi des autres besognes. Evidemment, cette <livision du travail est très avantageuse et très favorabl<> à l'accroissement et à l'amélioration des produits. Nous pouvons bien nous en rendre compte aujourd'hui, en ·voyant en combien de branches nombreuses et nouvelles s'est divisé cet arbre immense et fécond, qui a nom le travail producteur. Chaque branche de travail, soit Je bois, soit le for, s'est divisée elle-même eu plusieurs industries spéciales. Cette division a rendu chaque fonction plus simple, plus facile à connaître et à remplir. Cette simplification a produit un autre effet très considérable, c'est <le pouvoir remplacer le travail de l'homme par celui de la machine. Ce nouveau venu, cet ouvrier artificiel a l'avantage d'être infatigable et cloué d'une précision mathématique. Et l'on ne s'arrête point dans cette voie. Tous les jours on invente, on crée de nouveaux travailleurs ingénieux, dont la force est incalculable. Le Briarée aux cent bras de la fable, Hercule avec
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