La Revue socialiste - 1893 - Tome XVII - vol 01

210 LA. REVUE SOCIALISTE Il lui a fallu constituer les sciences et s'ingénier pour les appliquer à l'industrie; s'emparer des forces de la nature, l'eau, le vent, les gaz et l'électricité ; établir les lois de la mécanique, de la physique, de la chimie organique et inorganique, etc. :Mais combien cet homme nouveau diffère de l'homme primitif! ... Qu'est-ce qu'un Peau rouge, un Noir, un Polynésien, en face <l'un Européen, héritier de tous les savants qui ont illuminé la terre, et qui résume la puissance de ces hommes de génie ? Certes, il reste encore à l'humanité bien du chemin à faire, mais peut-on dire qu'elle n'a pas avancé, peut-on dire que les prodiges qu'elle a accomplis ne donnent pas le légitime espoir qu'elle en produise de plus grands encore ? Les progrès passés sont un garant des progres à venir et nous pouvons aborder la grande et capitale question : l'exercice inlé- _r;1·rûl',Pmploi normal de l'activité humaine, comme étant le seul nwyl'n de salut poiir l'hwnanité. IL- LE TRAYAIL DEYESAK'.r FOXCTIO~ NATURELLE A L'HOMME. Un grand esprit, Montesquieu, a eu l'aperception de ces idées générales. « Il n'y a point de travail si pénible qu'on ne puisse le pro- « portionner à la force de celui qui le fait, pourvu que ce soit la )> raison et non l'avarice qui le règle. On peut, par la commoditil >) des machines que l'art invente ou applique, suppléer au travail » forcé, qu'ailleurs on fait faire aux esclaves. Je ne sais si c'est » l'esprit ou le cœur qui me dicte cet article-ci. Il n'y a pas de >> climat sm· la terre, où l'on ne puisse engager au travail des hom- » mes libres. Parce que les lois étaient mal faites, on a trouvé les » hommes paresseux, parceque ces hommes étaient paresseux on » les a mis dans l'esclavage. » (Montesquieu, Esprit des lois). Certes, on est heureux de trouver sur le bon chemin un homme de la valeur de Montesquieu, mais qu'il y a loin de son observation générale à la conception géniale de Fourier. Personne n'y a pris garde, mais lorsqu'on examine de près la question on est obligé de reconnaître que jusqu'ici le travail de l'homme s'est accompli sans règle, sans mesure, sous l'empire de la nécessité présente, sous la pression d'une contrainte physique

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