LE SEXTTMENT DE JUSTICE 20!) C'est au sentiment <le justice que les sociétés humaines doi ,ent l'abolition de l'esclavage et du servage, la tolérance rdigieuse et l'égalité des citoyens devant la loi. Ces résultats sont non moins immenses qu'incontestables . .Admirable pour détruire, cette force immortelle, incompr~ssible du sentiment de justice, est impuissante pour fonder un organisme social qui lui corresponde. Ce n'est pas son office mais bien celui de la science et de la raison. Pour établir une société parfaite, comment faut-il procéder ? Sïl s'agit de YOUSfaire un habit, comment procède le tailleur? 11 praml mesure sur YOus.C'est ainsi que doit procéder le conducteur tlu peuple ou le socialiste. Rien de plus logique. Or, qu'est-ce quo l'homme ? Une créature, pourvue de facultés multiples, et ne pouvant vivre qu'à l'état de société. :.Iain tenant, quel est le trait caractéristique de tout être vinmt? C'est l'activité. Depuis les créatures les plus infimes jusqu'aux plus belles et plus compliquées, pour toutes, YIYRE C'ES'l' AGIR. S'il y a un axiome évident c'est celui-là. Donc, aYant tout, lorsque Yous Yons occupere:-1<le l'homme, la pr~mière question qui doit se présenter à votre esprit, c'est celle tle l'exercice normal de l'activité humaine. Et c'est là précisément ce à quoi n'ont pas pensé les conducteurs de peuples, les législateurs et la plupart des socialistes. Brahma, Bouddha, Zoroastre, l\Ioïse, Confucius, Lycurgue, Aristote et Platon, Xmna et :.Iahomet ont tous songé à assurer la t>écurité, l'ordre, la paix, la justice et la consolation des pan vres mortels par le sentiment religieux. l\Iais aucun de ces grantls hommes n·a en l'idée de se préoccuper des moyens d'obtenir de bon gr.\ le travail <lel'homme, et d'examiner dans quelles conditions les hommes tnn-ailleraient avec joie parce qu'ils accompliraient une fonction naturelle, seul et unique moyen de produire arnc abondance et do pouvoir satisfaire aux besoins de tous. Les conducteurs de peuples étaient si loin de cette idée première, fondamentale, que l'histoire nous montre quo toutes le;; sociétés ont commencé par l'esclavage, le servage et la contrainte physique et morale la plus barbare. L'idée que l'homme peut exercer ses facultés physiques et J)lorales sans peine et sans douleur semble une idée simple et tout à fait conforme à la raison. Point du tout et pourquoi cela? c'est que l'homme commence par l'ignorance, la sottise et la bestialité. Il faut d'abord que l'homme se crée lui-même et fasse son éducation. Il a tout à apprendre. Il faut qu'il s'habitue à penser, à, ré'.léchir, à faire usage de sa raison.
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