La Revue socialiste - 1893 - Tome XVII - vol 01

LA RÉVOLUTIOX DE DEMAIX 19 • LA-RÉVOLUTIODNE DEMAIN (Suite) LA. J\IORALE POSITIVE Il est permis de déplorer ce qu'on appelle les excès de la Révolution de 1789. Il y a pour cela toute une école de républicains honnêtes et modérés qui, après coup, enseignent, par arguments fort bien déduits, que si l'on avait fait ceci, et non pas cela ; si le roi s'était conrluit de telle sorte, et non de telle autre; si les Nobles et le Clergé avaient été plus clairvoyants, le Tiers plus sage; si, en un mot, rien de ce qui s'est passé no s'était passé, et que tous les éYénements se fussent déroulés selon l'ordre, la marche, le rythme et la mesure que ces estimables penseurs ont conçus - soixante ou quatre-vingts ans après - la révolution n'aurait été <1u'une évolution. Ces beaux raisonnements, qui mènent quelquefois leurs auteurs à l'Institut, n'ont qu'un défaut : celui d'être ineptes. Ce sont, du reste, exactement les mêmes raisonnements académiques que l'on oppose contre l'imminence, contre l'inéluctable nécessité de la révolution de demain. Si - comme le demandent les socialistes-chrétiens - on pouvait réconcilier les Riches et les Pauvres, en ramenant ceux-là à l'observation de leurs devoirs sociaux, ceux-ci à une suffisante résignation à leur sort, sous l'influence commune de sentiments religieux actuellement épuisés, il est clair que tout irait comme sur des roulettes. Mais justement, la difficulté, c'est de ressusciter la Foi. Ils disent au peuple : « Crois en Dieu et tit seras sauvé ! » - Le peuple est en droit de leur répondre : « Croire ne dépend pas

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