La Revue socialiste - 1893 - Tome XVII - vol 01

206 LA REVUE SOCIALISTE Et les oiseaux chanteurs aux pieds faiseurs d'étoiles Étaient là badinant dans l'aurore sans voiles. Ce fut une te1·1·cstrcextase, un sacrement D'où l'on sentit surgir comme un enchantement, Que l'heure où la matière à l'esprit est passée, Que l'heure où la ~agcsse eut l'immense pensée De mettre son iMe au oorps de l'animal Et de lui dil-e : « Esprit, va, tu vainc1·as le mal. ... Or, c'était vers le haut Oxus et sous la chat ne Dont les Ilots <l'uno mer Arcalo-Caspienne Bordant, l'Hym4laya, le Bolot·, l'Altaï Formaient les haut sommets du premier Sinaï Tout vient d~ l'Ot·ient. Le soleil fait les rôles. La vie est un <'lan des tropiques aux pôles. L'Asie éclot d'abord des Ilots aux grandes nuits Ayant les plus hauts pics du globe pour appuis . . . . Or, o,i voyait marcher parmi les hautes herbes Des êtres qui parlaient par cris brefs et superbes. Les parents étaient là sous les mowahs divins, Près des antres secrets qu'ont les secrets ravins, Echevelés et doux, hauts et puissants, splendides, Chantants et forts, les membres /los, le front candide. Et quand ils rencontraient, par delà les volcans, Les ours 1·usés et lents, les lions arrogants, lis les frappaient sans peur avec le bloc de pierre. Et lPs lions. les ours. reculaint ... . . . Les femelles passaient dans la placidité Des brutes qui s'en vont, grandes de majesté. Leur œil doux d'antilope incliné vers les choses Semblait au fond <les prés voir qu'il venait des roses Géaotes, souriant d'un grand rire bénin, Leur nuque ayant déjà le pencher féminin, Et dP.Smères prenant la touchante attitude Elles suivaient leur fruit avec inquiétude. Les mâles, à leur tour, caressaient les enfants Et montraient à l'aîné leurs cailloux triomphants . . . . Voilà, l'homme est lancé dans la vie; il se trouve en face de la nature qu'il devra v.iincre et dont il fera son esclave soumise; il est venu pour cela, li ne peut s'arrêter ... Je le demande; quel est le poète parmi ceux dont on célèbre la gloire à travers les siècles, qui possède plus de flamme, plus de vibrations profondes et étranges, plus de force de conception et d'unité de jet? ... Qu'on me cite un peintre plus puissant qui ait brossé des tableaux plus hauts, plus larges; faites-moi connaitre un penseur plus émotionnel et plus suggestif. .. Je crois connaitre les hommes qui, à travers les àges, ont laissé une empreinte personnelle dans le sillon fécond de l'Humanité. Les éléments des œuvres humaines -je parle surtout pour les œuvres écrites - me sont quelque peu familières. Eh I bien,

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==