La Revue socialiste - 1893 - Tome XVII - vol 01

20-1 LA REVUE SOCI.\LlSTE Entière, pleine, étant l'énergie absolue En dilatation éternelle épandue, Yerse à flots infinis, l'infini foudroiement De la vie idéale et son énivrement. - Effacez tous les faits de vie et de matière, li reste un fait: l'IMe; or, c'est là la lumière, Il reste l'énergie et de plus, le dessein Que l'intuition tra,·aille dans son sein. Et l'Idée-énergie est le foyer de vie Eternelle, parfaite, infiniment ravie; Détermination en un tout s'achevant; C'est !'Etre, l'ün, !'Entier. Oui !'Etre, il est vivant li vit, car toute vie est !'Enigme-Idée Eclose; étant féconde et fécondée. Car le fait idéal vit immatériel, Intarissablement I roductif et réel. Car si, pur, l'homme attache à sa pensée une aile, Il sonde du scalpel l'œuvre matérielle Il verra que dans tout le progrès est sans fin Et qu'il faut bien l'Idée et le grand but divin. L'Energie est le fait premier. Incommutable Son resplendissement rayonne d'insondable. Et cet ~tre est fatal. li a l'identitE! De l'Idée et du moi ceinte de majesté. Et sa clartE!qu'on sent, mais sans la voir, des terres Aveuglante en splendeurs, flamboyante en mystères, • Implique !'Esprit pur, mais l'esprit Volonté Et vivant tout parfait dans de l'ubiquité. Voyons, est-il grandiose, est-il génialement brossé ce tableau d'avant les êtres et les choses? ... ne renferme-t-il pas une pensée féconde et ne sent-on point un frisson courir dans les veines et faire vibrer longuement l'épiderme, aussi bien que l'àme ?... Après le tableau du néant et l'aurore de la création que nous voudrions pouvoir reproduire, voyons le début de l'existence: . . . La terre fut d'abord aux Cormes inconnues En proie. Et l'invisible en immense cohues Tua. Les poissons, l'amphibie infatigablement Tuèrent. Sur terre, en un doux glissement Les reptiles allaient, des bonnij et pas de membres ; lie tuèrent. Au Sud, au Nord, fait de décembres, Les oiseaux monstrueux volant seuls en troupeaux Tuèrent. Les brouteurs, ces 1·ocscouverts de peaux Qui semblent, des volcans, comme une immense épave Tuèrent. Puis, parmi les derniers flots de lave, Les carnassiers hurlant sur ce (ourmillement, Accroissent la douleur par le ràlllnement, Tuèrent. Plus qu'eux tous, après toua, par furie, Par caprice, ou pour rire, ou par gloutoooe1ie,

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