J. DE STRADA Hors de tout ce qui fut jamais ; c"était avant ; Bien plus tôt que la loi, que l'élhe1·, que le vent; Avant le viJe; avant l'abime; avant les mondes; Avant l'espace; avant les ëlipses fécondes; A,·ant l'llomme, le t.emps, la contradiction; Hors du fini sui· qui plane l'extinction ; Plutôt que l'élément; plus haut que les E'toiles ; Avant la nébuleuse engourdie en ses voiles ; Avant la nue; avant la foudre ; avant le bruit; Avant 1~ vieux silence et la mort et la nuit; Avant le jour, le soir; avant la jeune am·o1·e; Avant le rayon d'or; avant l'onde sonore; Avant l'antinomie où bat la notion Et le néant qui n'est qu~ la négation; Avant les Verbes-Saints; avant les Dieux-Paroles; Avant les Dieux Humains; arnnt les Dieux-Symboles; Avant les monts Mé,·ous, avant les monts Tchitracoùtas; Les Olympes, le Sinaïs, les Golgothas : Avant les lieux par où les aigles el les mondes Devaient, en pictinant sur les foudres profondes, Planet· et dérouler leurs ailes de soleils : Avant l'enlacement qu'ont les rayons vermeils; - Dans le pur idéal où n'entre pas le nombre, Où les Cosmos en feu ne seraient qu'un point sombre, Où le créé jamais ne peut porter ses pas, Où l'aile, où la pensée hu:naine ne vont pas, Où l'homme s'éblouit, et, plus il est sublime Se sent plus de ncant et rie vide et d'abime, Où l'eJpl'it n'atteint pas. s'il vole sans le cœur, Où l'amour est du vrai l'humble et le seul vainqueur; Où l'extase se tient d'elle-mème captive Où la stupeur de l'àme en prières arl'ive; - Là, dans l'expansion infinie en transport, Dans la perfection de l'indirible accord, L'Energie-\;nité formidablement belle Est. - C'ést l'Ir1·évèlé dans !'Enigme éternelle, Toujours le même étant le tout épanoui IJisant à l'absolu !"intarissable oui. C'est !'Enigme-Idée, affirmation pure Et son fourmillement d'infinis pour pâture. - Or, c'était dans l'immense et calme ubiquité L'Eternit.é d'en haut, en bas l'Eternité L'Eternité devant, !'Eternité dèrriêre L'Eternité partout. - C'est plus que la Lumière Cette ample ubiquité de ]'Energie où rien Ne manque au Tout; oui, tout, le nai, le beau, le bien Forme le pur brasier mystique et l'incendiP., Chaleur jamais éteinte et jamais agrandie; Où l'idéal sans fin est le tout et le nid ; Où, pesée infinie, en tout sens, l'infini Fait de !"ubiquité l'éternel équilibre. Où tout pense, où tout aime, où tout bat, où tout vibre, Fournaise de l'amour en éblouissement Là, la pensée intense, henreuse effrénément,
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