La Revue socialiste - 1893 - Tome XVII - vol 01

182 LA REVUE SOCIALISTE qui nous ont r<.'ndusceptique:, et déceptionistes. Plus loin encore jl ajoute: « Le plébéien et le sceptique tombaient en proir., etc.ii De ces deux éléments lequel a-t-il rendu l'autre sceptique et déceptioniste; est-cc nous qui avons convaincu les poètes ou sont-ce les poètes qui nous ont convaincu? Et en passant des causes de la maladie aux remèdes nous n'en sommes pas plus éclairés. La culture <le la science et l'échange des ,idées en nous édairant tranquillisent l'esprit. C'est bienLot dit. Comment 'faine ne s'aperçoit-il pas que cette façon de voir est fortement démentie par cela même que le pessimisme moderne allemand - la plus intense manifestàtion de la maladie du siècle - est justement répandu chez les plus grands hommes de science tels que Schopenhauer, Hartmann, etc. Comment se fait-il que le pessimisme des bouddhistes trouve des apôtres, des compagnons, des formuJateurs, parmi les plus grands hommes de science? En combattant le pes:;:imisme,'l'aine nous dit: « L'homme est un produit comme n'importe quel autre. » M. Taine peut croire s'il lui plait que cela est flatteur, mais il est certain que les pessimistes ne seront pas de son avis. « La. non perfection naturelle >>(c'est-à-dire celle de l'homme) i>est aussi normale que le changement qui advient souvent aux étamines des fleurs. i>Et cela, pense-t-il, est pour nous une consolation; peut-être, mais certainement cela ne consolera pas les pessimistes, car c'est justement en ce point quïls voient un argument en faveur de leur formule « la vie est la cause des maux )), « Qui se révoltera contre les lois naturelles de la. nature-»?« Qui, demande 'fajne « élèvera la voix contre la géométrie de la vie>>. .Mais justement ce sont les pessimistes qui élèvent la voix, qui blasphèment la nature. Et par des signes d'exclamation on ne saurait éclairer les causes pas plus que les démontrer. L'erreur de 'faine, commune à presque tous les critiques qui ont écrit sur la maladie du siècle et sur son remède, c'est qu'il prend pour causes de la maladie, les formes sous lesquelles elle se présente, il la confond avi::c les effets et les circonstances qui l'accompagnent. Imaginons-nous un homme atteint d'une maladie do' nerfs. Tout lui semblera mal et mauvais, la table lui semblera de travers, le lit fait en dépit de bon seus, les rideaux lui paraitront étranges, narquois lui semblera le sourire du domestique, et tout cela jusqu'à lïrriter, jusqu'à le faire blasphémer et crier. Si notis lui demandons les causes de sa maladie il nous répondra: cc La cause? mais parbleu, vous ne voyez

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