LE DÉCEPTIOYISME 181 infini des artères et viennent épanouir sur toute la surface la f1eur éternelle de la jeunesse et de la beauté? Qui enfin ne se trouvera ennobli en découvrant que ce faisceau de lois aboutit à un ordre de formes. que la maLière a pour terme la pensée, que la nature s'achève par la raison. et que cet idéal auquel se suspendent, à travers tant d'erreurs, toutes les aspirations de l'homme est aussi la fin à laquelle concourent, à travers tant d'obstacles, toutes les forces de l'univers? Dans cet emploi rie la science et dans cette conception des choses il y a un art, une morale, une politique, une religion nouvelle, et c'est notre affaire .aujourd'hui de les chercher. » La citation est longue mais elle était nécessaire, seul Taine le grand critique et le grand artiste pouvait hausser la question à la hauteur où elle doit rester. Kon que tout soii parfait dans ce passage qui nous r6vèle le défaut habituel des critiques occidentaaux. Taine se demande quelle est la source du déceptionisme de notre siècle et particulièrement ses causes en matière d'art et de poésie. Cette interrogation posée de main de maitre, en phrases profondes et émouvantes, tourhe aux intérêts humains les plus vitaux et les plus chers. Après avoir démontré l'utilité de la question nous sommes ~n droit de nous attendre, de la part du critique, à une réponse claire et ferme. Or, au lieu de la précision que nous attendons nous recevons comme r'éponse une série de belles phrases, une discussion choisie de choses merveilleuses mais qui ne répondent pas du tout ou trbs peu au sujet proposé. En premier lieu on nous dit: « La démocratie avive nos haines et nos ambitions sans les pouvoir satisfaire .... » Ainsi ce serait la démocratie qui s~rait la cause. « La philosor,hie qui s'était créée poussait au déceptionisme ... » Ainsi la philosophie en serait une s€.conde. 'ousavons donc deux causes: la démocratie et la philosophie. « Le plébéien languissait de faiblesse et le scPptique de doute~- Chacun de ses motifs a son champ propre (la démocratie serait la cause du déceptionisme pour la plèbe qui languissait en sa faiblesse, et chez les hommes cultivés, pour l'aristocratie intellectuelle, le motif du mal serait dans la philosophie). Plus loin il n'est point question de philosophie pas plus que de démocratie, et le motif serait dû à ce que nous avons suivi les sentiments et les aspirations des poètes et des révélateurs
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==