LA RÉYOLüTIOX DE DEJl.(AIX ]65 y a en des dictateurs néfastes,s'ensuit-il qn'il faille condamner toute dictature? De ce qu'il y a les républiques cln Snd-_\.méricain qui .':!On1t ,oliliquernent et socialement les plus abominables des régimes, s'ensuit-il qu'il faille répudier la forme républicaine? Ddbarrassons-nous, s'il se peut, des sou v,mirs classiques, et voyons au vrai les choses. La dictature, c'est le pou.-oir de gon ,·orner clans les mains d'un seul ou de plusieurs. Dans un régime absolu, la dictature est visible, parce qu'elle est tout entière concentrée en un chef unique. Dans un régime dit constitutionnel ou parlementaire, en dépit <le la savante division théorique des charges et des pou mirs, la dictature n'en existe pas moins. Seulement, elle ei,t moins apparente, et elle s'exerce par des voies détournées. On c'est un ministère à 1ioignc qui fait marcher à son gré une majorité intimidée ou corroémpne; on bien c'est une majorité indépellllante (au fond tonjonrs menée par nn chef on 1,ar une cowric), qni renverse ministre,; sur ministres et ainsi gon verne - lll\{atiYemcnt. c·est la lutte com,tante, par la force des choses, entre les deux éléments essentiels de tout organisme politique: entre c:equ·on appelle le L!'.•gislatifet !'Exécutif, celui-ci tendanl toujours it (lomincr celuilit, et celui-là tendant toujourH à sulbalterniHer celui-ci. C'est tantôt les brai, et les jambe~ qui refusent (!'obéir à la tête, et prétendent aller à leur guise: tantôt la tète <Jtli prétend ,;e passer du concours des jambes et de,; braf'. Et alors, <lani-c;ette instabilité, en l[Ueh1ueHorte sy;;tématiquc, des forces gouYernemcntalos, qui est-ce qui gouverne, réellement, qui est-cc qui, effectiYement, diriger Le Heu! pouYoir qui, au-dcKsous de ces pou,·oir,; anarchiques et éphémères, demeure stable, dan,- Res tradition,;, ses règles hiérarchiquefl, sa méthode de traYail, son formalisme automatique, le roulem<•11tde son per,;onuC'l et le clasHement de ses attributiorn, : le pouvoir adminiHtratif, les hm·eaux. « La France - dit spirituellement et judicieusement ::ir. Deschanel - n'e:;t pas une démocratie: c'est une bureaucratie (1). » Et cela se conçoit; car gouverner, c'est vouloir, et aucune volonté nette et ferme ne peut émaner d'une réunion fortuite et incohérente d'indi Yiùus, mais d'un seul ou tout au moins d'un certain nombre d'hommes possédant en titre ou excrs·ant en fait le pouYoir réel. La OonYention gouvernait officiellement la France; mais qui, rc\ellement, gouvernait la Convention? Le Comité de salut public. Et qui gouvernait le Comité de salut public? "Gnon deux de ses membres. (1) L'administration est la seule chose qui reste debout en France et qui .soutienne la machine. (L'Anarchie F,·ançaise, p. 216).
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