LA RÉYOLUTION DE DEMAIX la hausse ou la baisse des produits, et la loi m~me aux gouvernements, - et le manœuvre dont un labeur acharné épuise les forces, sans l'émanciper de la misère? Tous les symptômes seraient menteurs, tous les phénomènes qui s'accumulent sous nos yeux seraient de .-aines apparences; si la Révolution de demain ne visait surtout, et d'abord, notre organisation capitaliste, sous ses trois formes dirigeantes : bancocratique,i ndustrielle, et commerciale. C'est donc dans les agglomérations urbaines, dans les centres prolétariens proprement dits, infiniment plus nl'rmcés à tous égardK, et mieux préparés que les populations rurales éparses ; c'est ùans les villes que la Révolution trouYera des foyers sur lesquels elle n'aura qu'à souffler pour en faire jaillir la flamme. )fais, ainsi quo l'expérience historique le constate, c'est Paris qui toujours fut le propulseur des grands mouvements révolutionnaires, non-seulement pour la France, mais pour tout le monde occidental. C'est do Paris, à la suite, ou de quelque guerre internationale (comme nous l'a,·ons vu en 1871), on ùe quelque krack gouvernemental ou financier qu'il n'e,,t pas chimérique de préYoir, en !;état de imrexcitation et d'anarchie do la politique parlementaire et de spéculation à outrance (.i.); c'est ùe Paris, où toujours résida l'élite militantt1 des hommes de pensée et des hommes d'action, que la révolution partira pour faire son tour de France - et probablement d'Europe. « C'est au clairon du coq gaulois - dit Karl ::\Iarx - quo s'éYeillera la RéYolution intemationale. » Qui la dirigera? Il faut distinguer. 'foute révolution est un drame en deux actes. Le premier, négatif, est l'acte de la destruction; le sacond, positif, est l'acte de la reconstruction. Le premier, c'est la foule, l'impréYu qui le jouent; ce sont les pouvoirs impro,isés, irrespongables et presque anonymes, qui surgissent à l'anroro d'une révolution, se maintiennent comme ils peuYent - pouYoirs flottants ainsi que des épaves sur les flots populaires soulevés; ce sont ces gouvernements do circonstance, bàclés en un quart d'heure, qu'un souffle élève et qu'un souffle abat; ce sont toutes les forces et tous les éléments sociaux, perturbés, qui détruisent un régime. Et dans ces moments-là, les conser,at.eurs, par leurs résistances obtuses, leurs terreurs ou (l) L'effroyable krark de Panama et les scandales qui l'ont suivi sont des événements symptomatiques qui, révélant l'état d'anarchie morale, politique et économique dans lequel nous sommes plongés, indiquent mieux que toutes les démonstrations la marche fatale de la Rtôvolution.
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