162 LA REVUE SOCIALISTE Légitime, la Révolution de demain l'est assurément. Chaque jour 11ui passe, en en fortifiant, accumulant et précisant les motifs, en rapproche l'échéance inévitaLle. Mais quel jour, sur quel événement déterminant de...-ra-t-elle éclater? Lit est le problème angoissant et terrible. Tout le monde la sont, la prévoit, la redoute ou l'espère : personne n'est en mesure de dire à quel ll1oment précis elle d,,,•,yi se produire; encore moins personne saurait-il 1léterminer si, quand elle se produira, le milieu HUr lequel elle exercera .ion action sera complètement apte à la recevoir, à se l'assimiler. Hi la Révolution est inévitable; si elle est prochaine; si elle doit éclater !l'une fa~·on et it un moment <1u'il nous est également impossible de prévoir, il est du de,·oir ile tous les hommes de bonne ,·olonté, <letous C(;lUX qui ont le souci intelligent de leur propre conservation, au di•faut du noble souci de la consernttion de la patrie, de s'y préparer avec calme, avec réflexion. li eBt bon que chacun se pose cette question t>t s'efforce d'y répond1·e: « Si demain la Rholution surgissait, que ferais-je? Quelles seraient mes idées, quelle semit mon attitude; quelles mesure:'l immédiates me paraîti-,tient nécessaires ? >) Pour rt'-soudre cette qum,tion, il faut !!'efforcer tle d!'.•méler quels seront lo caractère, le sens, le but de la Révolution prochaine. A n'en pas douter, elle sC'ra social!', c'est-à-dire que la que>1tion du régime ou de,; droits polilic1ues ne sera pas en catme. E!it-il possible de suppo,ier une r.;\•olution contre le régime répuhlicain et contre l'institution clu suffrage uniYertlel? , Si, anjourcl'hui, on commence it s'apercevoir que le prétendu régime r.ipublicain actuel est un leurre, une hypocrite' conlrèfa~·on de la monarchie de rn:30; que les droits politic1ues imputl>,;it chaque citoyen sont des droit:1 platoniques; qu'en fait, sous la république bourgeoise, les hommes ne sont ni plus l'.•gaux,ni plu~ libres, ni plus assurés de leur existence matérielle, ni plus heurèux, en un mot, que sous la monarchie bourgeoise de LouisPhilippe, - que doit-on en conclure, sinon que le régime {•eonomique non mollifié n'est plus en accord avec nos institutions politi<ttrnsùémocr-atisées,puisque celles-ci reposent sur l'égalité des droits et celui-là sur l'inégalité des conditions? Or, on l'a dit : l'égalité <les droits politiques suppose et entraîne nécessairement l'égalité des conditions économiques. Politiquement, tous les hommes sont égaux ; économiquement, quelle distance, morale et matérielle, entre un imlarié et son employeur, entre le financier milliardaire qui, ù'un signe, fait dans le monde entier
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