La Revue socialiste - 1893 - Tome XVII - vol 01

LA RÉVOLUTION" DE DEMAIN 161 LARÉVOLUTDIOENDEMAIN (Suite) I Révolution! Quel monde de choses, d'erreurs, de fautes, de crimes même, ce mot évoque en notre esprit! Les révolutions qui réussissent sont acclamées et bénies par les générations qui en héritent. Celles qui échouent sont exécrées et maudites par la postérité, qui en subit les fatales réactions. Et, au fond, c'est justice: car une révolution qui réussit prouve, par sa réussite même, qu'elle était légitime et qu'elle venait à son heure; et une révolution qui échoue, par sa défaite même démontre qu'elle n'était pas justifiable ou, tout au moins, qu'elle était prématurée. Sans doute, l'incapacité ou la trahison des chefs qui la conduisant, le hasarcl peut-être (1), pourront faire avorter une révolution légitime: telle l'insurrection communa 1iste de 1871. !\fais en ce cas, ce n'est qu'un accident ; l'effet est vaincu, la cause reste intacte, et l'échec même de la révolution ne fait que la mettre plus vivement en lumière, et la justifier. (1) Mais qu·est-ce que le hasard, sinon l'ensemblo des événements que nous n'avons pas su prévoir, et dont cependant la raison existait dans la situation sociale, au moment mème où se produit la révolution? En thèse gènérale, le hasard, c'est l'excuse que nous donnons à notre ignoi-ancc. Est-ce qu'il y a un hasard en mathématique, en astronomie, en physique, en chimie, en aucune science exacte? Si la science sociale comporte tant de hasards, c'est que ses lois positives sont encore à peine entrevues. Il

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