La Revue socialiste - 1893 - Tome XVII - vol 01

lGO LA REVUE SOCIALISTE priétaires des taudis, où los ouvriers sont entassés dans les conditions déplorables que tout le monde connaît, verr,lient déserter leurs maisons, qui perdraient peu à peu de leur valeur, jusqu'au jour où la Ville les achèterait pour les reconstruire et les transformer. De même, les maisons habitées par la bourgeoisie subiraient une dépréciation importante, car beaucoup de familles iraient occuper, par mesure d'économie, soit les logements communaux, soit les nombreux logements devenus vacants clans les autres maisons.,Et de p1·ocheen proche,la crise s'étendrait sur toute la propriété bâtie pom· se terminer fatalement par la socialiBation des immeubles servant à l'habitation. Le logement serait devenu un Rervice public, comme la police ou l'éclairage des rues. Si l'on applil1uait les mêmes règles à la terre, on aboutirait bientôt à la suppression de la propriété individuelle. C'est un rêve, sans doute. Aussi n'ai-je pas la prétention d'avoir trouvé la pierre philosophale. J'ai voulu seulement apporter ma contribution dans un ordre d'idées qui sera longtemps cnco,·e la préoccupation de ceux qui s'intéressent aux grands problèmes de la vie collective, et montrer comment on pourrait adoucir une des formes de la misère. D'autres pourront trouver des combinaisons plus simples et plus pratiques: celle que je propose a le mérite d'être sincère, solide et d'une application immédiate. Maurice CHARNAY.

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