La Revue socialiste - 1893 - Tome XVII - vol 01

LE LOGEl\IENT GRATUIT 155 paieraient il,75 ou -! %; mais les travaux effectués aYec la même somme de 100,000 francs seraient d'un tiers ou d'un quart plus importants, et le revenu augmenterait d'autant. On pourrait amortir <l'apr.!isles mêmes principes le capital de maisons destinées à d'autres locataires que les ouniers. Les logements, au lieu <ledeux ou trois pièces, en auraient six et tlavantage, et le prix des loyers serait fixé en conséquence. Que l'immeuble soit cher ou bon marché, didsé en logements grands ou petits, habités par des riches ou lKlr des pannes, le r.:.sultat final est identique: la construction llf-' r·o1Îlf'l•a ,·it•11 û la 1·om1111111f-'. Il faut y insister, parce que c'est le côté original du sy:;tème. L'.1commune emprunte, ou plutôt donne sa garantie pour un emprunt, mais il ne sort pas un centime de sa caisse. La garantie ne lui fait courir aucun risque, puisqu'elle a dès le principe le gage <lecette garantie, puisque le gage, o'est-iL-ùire le protluit <les loyers, est réquiYalent de la garantie, c'est-à-dire du montant Je l'emprunt, et qu'il ne peut en être autrement, le prix de location étant subordonné an prix de revient qui est précisément é•galà la somme empruntée. Le chiffra de BOO francs quo j'ai choisi est purement théo1·ique; il pourr,tit varier de quelques francs en plus ou en moins, par suite des dépenses inévitables entre les devis et les dépenses effectuées; mais, liuels que fussent les mécomptes, la location des logements municipaux serait toujours assez aYantageuse pour défier toute concurrence. De telle sorte que la perte n'est ni probable, ni possible, et que la garantie n'aurait jamais l'occasion de jouer, l'emprunt <levant être remboursé fatalement clans les délais prévus. J'ai fait plus haut allusion au projet soumis en 188(iau Conseil municipal de Paris par M. Gruneke. Il s'agissait <l'émettre 250 millions de bons de 1 franc, remboursables en soixante-quinze ans au moyen de tirages, avec plus-value <le100 % et participation à tirages de lots décroissant de 200,000 à 2 francs. La Ville am~,1it été propriétaire des immeubles au bout de soixante-quinze ans. En d'autres termes, il fallait que le revenu d'une Yaleur de 250 millions, pendant soixante-quinze ans, suffit au remboursement d'une valeur de 500 millions, sans compter les lots et les bénéfices du spéculateur, soit une centaine de millions en plus. Le rapport du revenu au prix ùe revient était de 3,20 % environ, c'est-à-dire qu'une maison de 100,000 francs aurait dû rapporter ~,200 francs, pour que le remboursement pût être effectué; et le prix d'un petit logement de deux ou trois pièces ressortait ainsi de 150 à 200 francs. A première vue, on dirait que la combinaison est très simple

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