LÉON CLADEL 1:3 Que tes fils ne soient pas prêtres !... gémit le desservant en pranant le Ciel à témoin des douleurs vaillamment et simplement supportées. - l\fes fils, comme moi, seront paysans! ... répond l'aîné compr,;mant les cris du cœur vrai; ils laboureront le champ des aïeqx, faucheront les prés qu'ils semèrent, boiront le vin de•la vigne qu'ils ont plantée. Ils seront paysans: forts, honnêtes ot bons! ... Tout Clade! est lit dans cette phrase, déclaration de foi d'un plébéien de la terre. Lé livre des Va-nu-pieds ne parut qu'en 1873, et souleva une explosion de colères dans la presse réactionnaire - et par I:t il ne faut pas, encore un coup, entendre seulement les journaux dévoués à la monarchie! Ah! mais aussi c'est qu'ils parlaient haut et ferme, le fier langage de la révolte tous ces pacants, ces paours, ces dlains, ces manants qui se remuaient en ces vaillantes pages - ::Sazi, Quoël, Eral, la Citoyenne Isidore et les autres. Le gouvernement d'alors interdit le colportage des T'a-nupil'Cls. Il n'osa pas poursuivre. Mais trois ans plus tard, Dufaure, étant ministre fit condamner Clade! à un mois de prison pour une nouvelle publiée par I'E1·1:m'lllfnl : <e une :.Iaudite ». Cette nouvelle a été reproduite dans les Pelit8 Cahil•1·s (é(].it. Monnier, 1885) avec cette épigraphe. Ah ! c'est le cri de la nature. JI faut du pain I Il faut du pain. Ca court mais éloquent chef-d'œuvre fut écrit en faveur de l'amnistie, alors réclamée pour les Exilés de la Commune. Dufaure, en hypocrite chattemiteux qu'il était tenta de déshonorer Clade! en le faisant poursuivre pour outr,tges aux. mœura. Il eut le cynisme d'avouer à nous ne savons plus quel homme politique - qu'en poursuivant pour le véritable motif il craignait quelque manifestation du suffrage universel en faveur de Clade! comme il s'en était déjà produit pour d'autres. « Je ne veux pas en faire un conseiller municipal ! » S'il avait été capable, ce tartufe, de comprendre l'honnêteté d'un Cladel, il n'aurait peut-être pas eu cette crainte. Clade! fit son temps à Sainte-Pélagie. Notre regretté maître n'avait pas été mêlé au mouvement Communaliste de 1871, mais toutes ses sympathies étaient acquises aux vaillants qui sauvèrent alors la République - tous ses écrits depuis lors en font foi. Il n'échappa cependant que par miracle aux fusillades sommaires. Il nous a conté, qu'il ne dut la vie qu'a l'heureuse chance d'avoir sur lui (au moment de son arrestation
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