12 LA REVUE SOCIALISTE Farandol, Je tambourineur, à Margoulyne, l'hypocrite sacristain joueur d'amboise... , . . On pourrait s'étonner que des œuvres comme la Fetr i-otwe, s1 cr.lnement combattante! aient paru dans un journal aussi notoirement monarchique que le Constitutionnel, si l'on ne savait chez les nôtrt>s combien certains républicains bourgeois étaient et sont encore éloignés du véritable esprit démocratique. Clade!, loin de trouver un appui chez ces gens à faux visage, y rancontra la plu~ indéniable hostilité- et cela jusqu'à la fin de sa vaillante vie. L'honnêteté impeccable de Clade! n'était-elle pas un vivant reproche pour tous ces menteurs, ces spéculateurs et ces traitres ! Sous l'Empire, Clade! écrivit encore l'Ancini un drame en vars, et la plus grande partie des nouvelles qui composent le volume des T'a-nu-pieds. L'Ancien no fut joué que quelque vingt ans plus tard au Théâtre Libre, chez Antoine, en même temps que la Jfaclr,ft,fne Fémt de Zola. L'Ancien est comme le Bouscassié une protestation contre l'état militaire. Entre autres nouvelles des Va-nn-J)iecls, parues sous! 'Empire, il faut citer Jlontauban ln ne le sauras J)ets,.1lon a111ile Sergent de Villr, et ce chef d'œuvre les .durientys. Mon excellent collaborateur à la F1Ytnce JJode1·11e, J.-P. Malan a fort clairement résumé les Aw·ientys et il me pardonnera de lui faire en passant l'emprunt que voici: « Xous sommes toujours chez des paysans. C'est une simple rencontre de trois frères, dont l'un est soldat, l'autre prêtre, avec leur aîné qui est resté paysan, dans la ferme natale. Un souffie anime le dialogue qui surgit pendant le repas,danslagrande cuisine de la bo,·de, au fond de laquelle se dresse, encapelé de serge, le lit vénérable à quenouilles et à baldaquin, où naquirent et moururent les aïeux. Ce dialogue est simplement homérique. En quelques pages il résume la vie de ees trois êtres, le paysan, le prêtre et le soldat, synthèse de tant d'existenceR semblables. Il faut entendre ce prêtre naïf et bon, qui est resté de cœur et de sens avec la Terre, raconter les souffrances subies depuis le séminaire, - et pendant : la volonté pliée, le cœur meurtri, la chair domptée. Et le soldat? Le soldat lt qui l'on a appris le maniement d'un fusil et d'un 1,;abreet que l'on envoie avec ces armes contre ses frères dn peuple, des paysans, des ouvriers comme lui, issus des mêmes forces et vivant d'un sang identique. - Que tes fils ne soient pas aoldats ! s'écrie le guerrier en versant des larmes amères.
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==