136 LA REVUE SOCIALISTE sonvent en exemple, nons donne là une leçon dont nous ferons bien de profiter. Il ne suffit pas encore que le choix de l'électeur soit sincère et éclairé, il fant qne l'électeur soit assuré de le faire prévaloir. Nous avions jadis le scrutin de liste, procédé imparfait par !ni-même; nous sommes tombés au scrutin uninominal - procédé qui assure la déchéance progressive du suffrage universel. Ce dernier mode n'a pas seulement pour conséquence de porter à sa puissance maxima, la suprématie de la richesse, il enlève aux minorités toute espérance d'être représentée. De là le vide qui se fait graduellement autour des urnes électorales. « Partout - a dit Louis Blanc - où la Yoix des minorités est étouffée, et où celles-ci n'ont pas une influence proportionnelle sur la direction des affaires publiques, on n'a qu'un gouvernant de privil&ges, au profit des majorités du moment. » Ce régime est une prime à la corruption et à la fraude en même temps qu'aux compromissions inavouables. La netteté des opinions devient une cause de faiblesse et la chance favorise de préference les médiocrités, surtout les gens sa.ns scrupules. La où le résultat e,;t incertain, dépendant parfois de quelques voix, on est disposé à tout faire pour rallier les hésitants. Les promesses de bureaux de tabac remplacent les principes. Là où le résultat est sCtr,les électeurs abandonnent la lutte, les uns par découragement, les autres par excès de confiance. Ainsi la vie politique s'éteint, l'éducation politique faiblit et les mœurs politiques s'altèrent. L:i.brèche est faite dans les consciences, la corruption peut_y entrer, comme chel' elle. Les scandales auxquels nous assistons sont les produits inévitables de tout régime ol).le scrutin, an lien d'être l'expression réelle de la volonté populaire, n'en est qu'une contrdaçon, qu'une traduction faussée et pervertie. Au mois de juin dernier, une grande assemblée s'est te-nue ii Berne, convoquée par le l'olkspal'fei. Un rapport de :111E.. Secrétan a fait r<lssortir les criants abus du système majoritaire : ,c On prétend, clit-il, que le peuple suisse se désaffectionne des affaires publiques.Non, le peuple n'est pas indifférent. Il est seulement las d'une légiiüation électorale qui donne tout aux uns et rien aux antres ». Le peuple est las de voter toujourd dans l'impossibilité de voir son vote aboutir. Donnez-lui une loi juste qui assure à chacun ce q ni lui revient, et les électem:,.:r;eprendront goûtii la vie publique. Cette loi de- justice n'est pas difficile à trouver: c'est la loi des proportionnalités. Elle est à peu de chose près mathématiquement exacte. Si nous envisageons ensuite la pratique parlementaire, nous
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