LA CORRUPTIOX POLITIQUE constatons ce fait évident: que tout le mécanisme est tendu vers le but d'empêcher toute réforme. Les rouages se paralysent mutuellement. Les pouvoirs des deux Chambres, au lieu de concourir à activer le mouvement,se contrecarrent pour y mettre obstacle.Le temps se passe en crises ministérielles, en agitations ,·aines, en querelles stériles. La Chambre basse défoml avec une ardeur jalouse son droit supérieur dans la question du budget et, quand la fin de l'année est venue, il se trouve qu'ayant dépensé le temps en put•- rilités, elle n'en a plu;; le moindre pour cet objet essentiel. LPs douzièmes provisoires sont devenus une tradition. Les réformes sociales, il n'en faut point parler. Quand elles sont passéeR par le tamis parlementaire, il n'en reste plus que l'ombre. Généralement, elles n'arrivent pas jusque-là. Les réformes politiques sont destinées ;\ amu,;er le tapiH. Xe croyons pas qu'elles soient plus sérieusement e1wisagées. Quand le radicalisme est arrivé au pouvoir en la personne de ~I. Flot1uet, on rassura il les timorés a ,·ec ces n:ots : « Yous avez peur de la st•paration des Eglises et de l"Etat? Allons donc; nous avons appris l'art de diviser et de st•1·ierles questions. Comme préambule, il faut une loi sur les associations. Elle demandera bien, pour aboutir, une dE>mi-tlouzained'années. Quant au reste, en travaillant fort, c'est l'affaire de deux générations.» Les réformes politiques n'ont d'autre but quo de faire di,ersion aux réformes sociales. Le jour 01\ les premières seraient résolues, on devrait nécessairement aborder les secondes. La croute terrestre a le tem1,s d'éclater avant que nous en arrivions là. La seule chose sérieuse dans le Parlement, c'est la compétition des portefeuilles, c'est-à-dire de l'assiette au beurre, expression honnête pour dire l'assiette aux chèques. Le jour où les ministre!:! seraient pris hors du Parlement et n'auraient que des fonctions purement exécutives, quelle économie d'intrigues et de temps! Le jour où la Chambre haute, recrutée dans les syndicats professionnels, deviendrait la représe11tatio11d1•,çintérêts et aurait pour tàche exclusiYe de résoudre le problème <lutravail induf'triel, agricole, commercial, quel désagréable réveil pour les privilégiés! Le jour où s'évanouirait cette procédure qui s'applique it entraver l'initiative des ropré;;entants, it retarder le vote du projet de lois utiles jusqu'au terme de la caducité, quelle impulsion donnée aux bonnes volontés jusque là impuissantes! Le jour où, comme nous le demandions plus haut, la représentation proportionnelle et la gratuité de l'élection moraliseraient le suffrage universel et en assureraient la sincérité, quel changement à vue dans le monde des politiciens !
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