RE,TE DES LffRES ]10 de la pro1·oquer, afio d'atténuer, dans la mesure du possiule, les maux inhérents à tout boulel'ersement social. Au reste, notre rédacteur en chef eu l'occasion de le dire ici-même plus d'une fois. et il l'a r·épété encore dans une page magistrale de son Socialis,,ie Intégml, la'luelle n'a pas échappé à l'attention de :\1. B.-L .. car il la cite dans son lil're. li con\'Ïent donc, lorsqu'o11 analyse la S•>lution socialiste de faire abstraction <les formes de langage et des moyens de réalisation indiqués pour substituer l'ordre et la paix économique à l'a,,archie et à la concurrence qui dévastent à cette heure le champ de la production. Aussi bien, pourrions-nous dire à ~l. B.-L.: Si la société capitaliste, faite d'iniquités et d'oppressi.,ns dont vous-mêmes a\'ez sondé l'abime, le veut, il ne tient qu'à elle que le problème se dénoue paciquement. sans secousses ni collisions l'iolentes. Elle n'a qu'à panser d'une main compatissante les so11ffrances résultant de son organisation et pr·èter son concours à ceux qui crient justice d'une ,·oix parfois irritée, parce quo, trop souvent, le privilège triomphant a répondu par la prison et par la fusillade aux porte-paroles des opprimés. La sociéto menacée. dit M. B. -L., a le droit <le se défendre. - Oui. contre les re1·endications illégitimes; mais non contre les justes réclamations <le la faim. Et si la société est menacée, n'est-cc pas parce qu'elle est restée sourde aux sollicitations pressantes qu'elle a,·ait le de1·oir de satisfaire? ~[ais laissons de côté ce point initant de la question. D'ailleurs l'honorable sénateur du Tarn, tout en s'élevant avec énergie contre des tendances cxclusil'cment rèl'olutionnaires auxquelles il a attaché une importance qu'elles n'ont pas dans le débat entre socialistes et conserl'ateurs, reconnait lui-même que le socialisme contemporain s'est efforcé. au cours de ces dernières années, d'établir un programme réformiste dont Benoit ;\1alon a été à la fois le promoteur et le propagandiste théorique et pratique. Ce programme. M. Bernard Lal'èrgne lui est sympathique, tout en se défendant de conclure comme nous. Ainsi il admet le droit au travail, le droit à l'assistance sociale, l'intervention de l'Etat dans le domaine de la production. le rachat des monopoles dont l'aliénation a frustré la fortune publique et créé cette féodalité financière qui nous enserre de toutes parts. En revan<·he l'idée de l'appropriation collectil'e lui répugne. ;\lais ses arguments sont bien faibles ainsi qu'on ,·a \'Oir, car clans son parallèle entre la propriété privée et la possession commune il dit: « Que me mut " à côté de cela (la propriété pril'ée) la propriété collective? Elle me pro- " duit l'effet d'une pure abstraction. J'ai beau me dire: J'ai ma part de 4 cette terre. de ces usines, etc., c'est à peine si je parl'iens à me le per- « suader. » - M. R.-L., me semble faire singulièrement fi de la pro_ priété immobilière, qui tend à del'enir la plus considérable. Les actionnaires des chemins de fer, des mines, des usines et de toutes les exploitation, organisées en sociétès anonymes so.1t parfaitement persuadés de la réalité de l'eurs titres de propriété et ils seraient bien étonnés si on leur disait que ces titres sont des « abstractions », Au reste, l'auteur ne dissimule pas les avantages que ce mode de propriété assurerait aux prolétaires. « Sans doute le produit exact de mon trarnil me sera fidèlement « remis, c'est là le seul bon côté du système. {Eh ! mais, ce bon côté, c'est « tout)! ... Selon que l'on regarde lo collectivisme du point de vue des « possesseurs actuels ou du côté des prolétaires, la perspective change
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