116 LA REVUE SOCIALlSTE àmes sont les arant-coureurs d'une révolution ... » Tant d"autres, <le son àge et de so11monde, ne ,·oient qu'avec une colère impuissante, mélée de dépit, l'agitation formidable cl-. la houle prolétarienne monter et s'étendre! (:eux-là, dérangés dans la quiétude de leur égolsme satisfait, ne songent qu'à réclamer des mesures de ri-pression, sans s'inquiéter un seul instant de ce quïl peut y avoir de fondé dans les tumultueuses re,·endications parties d"en bas .• \l. B.-L .. lui, se refuse de croire qu'au fond de ce grand mouvement social il n'y ait_que « le néant. C'est impos- " sible, s'écriait--il. L'histoire n'apporte point d'exemples de soulèrements « populaires sérieux, étendus su,· le monde entier et si persistants, sans « causes profondes'? ... Il y a donc dans la situation de l'ouvrie,· quelc1ue « chose d'injuste et de fatal, qui explique les convulsions actuelle~ du « prolétariat? ... S'il en est ainsi, l'hésitation n'est plus permise; le devoir « des pouvoirs publics est tout tracé; ce mal mis à nu, il faut y apporter « remède. » - J"emprunte ces lignes à la Préface où notre auteur trace ainsi le plan et le but de son livre: " Etablir la vraie situation de l'ouvrier « chez nous; examiner ensuite les re1·endications présentées par lui ou en .« son nom par les Ecoles socialistes; l'appuyer en tout ce qui est juste et « réalisable; combattre tout co qui relève de l'utopie ou qui est contre « l'équité; enfin indiquer les mesures par lesquelles nous croyons possiule ,, de dégager le prolétariat de la fatalité qui pèse sur lui. n - Telles sont exposées par son auteur m~me les grandes lignes de son lirre. La première partie, consacrée à la critique généra'e du socialisme s'oune par un chapitre où ~I. B.-L. établit la situation de droit et de fait créée par la Ré\'olution française au prolétariat. En droit, la Rérnlution a proclamé la liberté 1et l'égalité) de tous les êtres. En fait, cette liberté pour le travailleur a ét<1négative; de sorte que s'il a bénéficié de quelquesuns des avantages de la Rél-olution, il n'en « a eu qu'une petite part, car « celle de l'employeur a étê incomparablement plus grande. » Pourquoi l'ouvri~r n'a-t-il eu que la petite part des bénéfic~s de la Rérnlution '? Parce que celui-ci jouit seul de la liberté effective du trarnil, « Pour que l'on fot en droit de soutenir· que la liberté entière et effoctirn « du trarnil existe pour le prolétaire, il faudrait que la \'Olonté tvujours " lui suffit pour trou,·er toujours un emploi. » ;\lais il n'en est rien. « Voici donc le fait incontestable, écrit douloureusement 1\I. B .-L., que « nous sommes obligé d'inscrire au début de cette étude: la classe la « plus nombreuse, dans notre état social, n'a pas de moyens d'existence " assurés. » - Et" c'est la nature même des choses», observe-t-il, qui crée notre situation; c'est « la loi de l'offre et de la demande, véritable « formule de la liberté du travail; la concurrence, autre effet de la liberté», qui « exposent une partie des travailleurs à ne point trouver de place « dans l'atelier.»- Ce n'est pas tout. « La loi do l'offre et de la demande, « la concurrence, engendre la baisse du salaire, le salaire insuffisant » ..• Si du moins c'étaient là des faits passagers, accidentels ; mais " c'est une « conséquence fatale et durable de l'organisation actuelle de l'industrie. » J\l. B.-L. le prouve en analysant rapidement les rapports du patron et de l'ouHier, en quelqu-.s pages, où tout en déclarant trop exclusive, et surtout trop abstraite, la théor·ie de 1\farx sur la plus-value, il n'en reconnait pas moins que le tra\'ail est l'origine de la plus-value capitaliste. « C'est
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