REYUE DES LIVRES 115 REVUEDES LIVRES L'Ev0lution sociale, par Bernard Lal'ergne, sénateur du Tarn,! rnl.in-8°. - Fischbacher, éditeur. - Prix : 3 fr. 50. J'ai lu, a\'eC une satisfaction croissante de chapitre en chapitre, le petit livre de :\1. l:lernarù Larergne. Arril'é à la dernière page, j'ai cherché instinctivement à la première l'épigraphe ùe Montaigne: Escript de bonne foy. Tout lecteur impartial, à quelque opinion qu'il appartienne, sentira, en effet, en parcourant ces pages, consacrées à l'étude du grand problème contemporain, qu'il se trouve en présence d'un homme de bonne foi, animé de sentiments généreux et doué d'une indépendance de pensée peu commune. Car l\1. Bernard Lal'ergue, est un \'ieillard ; un octogénaire, sans doute. puisqu'il appartient à la génération de 1848. Il a été représentant du Tarn à l'Assemblée législatirn. 11 est donc entré, depuis longtemps, dans cette période de la \'ie où l'attrait irrésistible des sourenirs détourne des nournautés. Seuls, les esprits supérieurs, les intelligences éle\'ées peuyent s'affranchir des liens puissants du passé et, progressant a,·ec leur siècle, rester les contemporains des générations qui viennent. Ceux-là ont le secret de ,·ajeunir leur âme, jusqu'à ce que, parrnnus au terme de leur carrière féconde, ils s'endorment al'ec la conscience d'a\'oir vécu jusqu'au bout. i\I. Be•nard Larnrgne est de ces vieillard, restés jeunes, à qui la \'ie apporte des enseignements toujours précieux. \"étéran du parti républicain modéré, il n'a pas fermé, comme tant d'autres, son cœur et son cer,·ean au souffie des idées nou\'elles. Pénétré des douleurs qui affiigent son temps, il s'est efforcé d'apporter à l'apaisement des maux qui gémis- ·sent autour de lui son contingent de recherches. sou tribut d'études, dans le liue que nous signalons ici, empreint d'u11bout à l'autre d'un accent de sincérité et de franchise courageuse. Il faut ètre courageux, en effet, doué, comme je le disais au début, d'une \'é,itable audace de pensée, pour proclamer dans certains milieux que « les gou\'eruements sourds qui commencent à jeter l'effroi dans les
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