LÉOX CLADEL 9 Bourget. Ce livre intéressant à plus d'un titre (les dix chapitres de XIX à XXIX, où so trouve racontée la retraite de Russie sont superbement poignants) - ce livre qui respire les voluptés factices, le sentiment de l'exception psychologique, l'amour deR sciences occultes et la passion de l'étrangeté est resté à peu près unique dans l'œuvre de Clade!. Paul Bourget a expliqué la transformation qui s'opéra alors dans l'âme de Clade!. <r C'est à ce moment qu'un voyage au pays natal, au cœur de ce Quercy dont il allait devenir l'aëde, l'éclaira soudain sur luimême. Ce fut immédiat et définitif comme une évidence. Il découvrit d'un regard sa propre personne, comme un amoureux qui se réveille, découvre en ouvrant les yeux que son cœur e~t pris et que c'est pour toujours. Il vit la terre de ses aïeux, les gorges sauvages, l'ondoiement des feuilles des antiques chênes, l'inépuisable abîme du ciel d'où ruissellent les fécondations du soleil et dos pluies, les fermes éparses, les gens et les bêtes le long des chemins et il s'écria <r Jies paysans! l) Comme !'Enée de Virgile dut s'écrier <l Jion Italie! » lorsque la ligne basse de la côte se dessina sur l'horizon ... L'élève de Baudelaire se retrouvait le fils des ouvriers du sol :». Bt à son retour, il publiait le Bousca-~sié dédié à son père et à sa mère. Le Deu:rièmP Jfystè,·e de l'Incar11ation est l'histoire d'un numismate amoureux, également épris d'une femme et de monnaies rares. Lorsqu'il meurt, son autopsie révèle sur son cœur en forme de fœtus - l'enfant qu'il souhaitait de la femme adorée! - l'image gr-avée d'une monnaie longtemps désirée. Ce livre renferme une dos poésies de Léon Clade!. Il n'a pas été publié de son vivant de recueil de ses poésies, mais )1. Ch. Henry Lapauze avait entrepris, croyons-nous, cette publication et nous aurons bientôt ce livro intéressant à plus ù'un titre. On en jugera par ce sonnet qui termine le DP11:1.·iè111P Jfystè1·e de l'Incw·- nation. Recouverte de chaume, assise entre deux eaux ; Adossée à des champs de ma\s blanc et d·orge Où chante l'alouette avec le rouge-gorge, La cabane ~nfonçait son front sous les l'Oseaux, On s'aime beaucoup mieux où s'aiment les oiseaux, Sous les feux du soleil ardent comme une forge, Dans les prés, sous les bois, au pertuis d'une gorge Où la b1'iôe répand l'âcre senteur des aulx. Caressés par les mains innombrables des arbres, Souvent nous entrions au beau milieu des blés Elle et moi sans troubler l~s ramiers assemblés; Sur nous régnaient les cieux fermes comme des marbres Et je baisais sa bouche écarlate et si-s yeux Où se r~fléchissaient les grands blés et les cieux.
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