La Revue socialiste - 1892 - Tome XVI - vol 01

iG LA REVUE SOCIALISTE plus en plus grande prélevée par ceux qui se consacrent au développement <le la richesse. Je ne veux pas me demandt:r si la démocratie romaine n'a pas che1·ché un refuge dans le césarisme coutre les exactions de ces manieurs d'argent <iui s'appelaient les chevaliers. si celles des fermiers généraux n'or,t pas contribué au grand mouvement de lî89; je ne veux pas inv"quer des préjugés monstrueux que je rép1·ouve plus que personne. (Applaudissements). l\Iais je ne puis m'absteni1· de signalei· une inquiétude générale. Le pays se préoccupe de voir la République et la patrie menacées par une poignée de financiers. (Applaudissements;. Et après une étude savante sur le billet de banque, M.Pelletan montre que la Banque de France, dirigée par cette poignée de financiers internationaux, fut toujours prête aux besognes louches: M. PELLETA:-1-. Il y a cinquante ans, il y avait à la tète de la République un homme qui conspirait cont1·e elle. Il lui fallait 23 millions pour fair-e son coup d'Etat. Où les a-t-il pris? Au Trésor? Non, il est trop sévèrement gardé. Qui les lui a donnés? La Banque de F,·ance. Quelques jours après avoü· pl'Oclamé qu'elle ne devait plus rien à l'Etat, Je 25 novemb,·e 1851, la Banque lui acco,·dait 2:'>millions; et cinq jours ap,•ès une pa1-tie de cette somme titait distribuée sous forme de rouleaux d'o1·aux soldats qui inondaient de sang le boulevard Montmartre. (Vifs applaudissements à gauche.) l\I. BuKDEAU, rapporteur. - Le fait n'est pas exact; vous applaudissez sans savoit· si le fait est vrai. (Brnits et inte1·1·uptions à l'extl'éme gruche.) Je le répète : vous applaudissez, et vous Je regretterez. i\I. C.\MILLEPELLETA:.. - J'ai pris le fait dans les comptes-rendus de la Banque elle-m~me. (Bruit sur divers bancs.) M. GUSTAVER1vET. - Depuis quarante-cinq ans, il n'y a pas une histoire du coup d'Etat qui ne l'ait allîrmé. i\I. CA)11LLEPELLETA:.. - Je vous répète que j'ai pris le fait dans les -comptes rendus de la Banque elle-même. (Bruit.) On a remarqué que rien n'égale l'impudence des rénégats; le fait cité par Camille Pelletau est au-dessus de toute contestation et il fallait, pour oser le mettre en doute, l'effronterie de M. Durdea11 qui avec 1\I. Léon Say représente à la Chambre <:ontre la France elle-même, les bas intérêts du clan Rothschild. l\lais passons. Aussi bien ce qu'ajoute Pelletau est fort instructif. l'ious en €mpruntons le résumé et le commentaire au journal La Justice. Donc parce qu'en 1851 il y avait eu un crime à commettre, la Banque de France avait avancé 25 millions au malfaiteur du Deux. Décembre. En 1831, il y avait un crime à commettre, contre la volonté nationale. Le malfaiteur avait besoin d'argent. A qui s'est-il .adressé? A la Banque de France, qui lui a consenti, pour son -crime, une avance de vingt-cinq millions.

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