La Revue socialiste - 1892 - Tome XVI - vol 01

LA QUESTION SOCIALE DEVANT LES CORPS i:LUS 745 M. Ferroul. - Messieurs, je crois nécessaire de réponcre à quelques insinuations un 'peu vagues apportées à la tribune par M. li, président <lu Conseil SUI' l'action de ceux qu'il a appelés des missionnaires de l'agitation à l'intérieur. (Bruits). J'ai à répond1·e à M. le ministre que les propagandistes de tous les grou 0 pes socialistes représentés à la Chambre qui sont allés à Carmaux, puisque c'est à cette grève qu'on a fait allusion, n'ont eu qu'un souci : organiser la résistance et maintenir l'ordre. (Vives exclama lions). Vous avez beau protester, le fait est là. Je fais appel aux témoignages mêmes de ceux qui ne sont pas socialistes et qui nous ont vus au milieu des mineurs. Dans tous les cas, dans cette grève de deux mois et demi, faite pour la défense des droits qui sont la base même <le la République, si vous avez pu constatei· une indomptable énergie, vons ne pouvez <lire qu'il y ait eu des troubles ou des désordres. (Interruptions à droite). A droite. - Et l'attaque contre le directeur M. Humblot ! (Très bien l très bien ! à droite). M. Ferroul. - Représentants du peuple et ouvriei·s socialistes nous nous sommes tous uniquement attachés à canaliser le mouvement, à le coordonner pour Je faire réussir. Et maintenant nous tous, nous mettons M. le ministre au défi de prouver que jamais un membre des groupes socialistes - je laisse les anarchistes de côté ... - (Interruptions et rires). Quel droit avez-vous de rire de mes paroles? Est-ce que jamais il y a eu quelque chose de commun entre les anarchistes et nous? Est-ce que les socialistes pas été toujours ir.sultés et attaqués par les anarchistes? N'avezvous pas vu à Paris et ailleurs toutes les réunions organisces par les g1·oupements socialistes troublées par les anarch'istes qui respectent les vôtres? Ignorez-vous la haine que ces gens-là professent contre nous? cette haine qu'on expliquerait peut-être si au ministère de l'intérieur on voulait nous donner certains renseignements l Ignorez-vous que dans nos congrès, partout et toujours, nous avons repoussé toute solidarité avec leurs doctrines et leurs pratiques? Je déclare repousser les insinuations apportées à Cf\tte t1:ibune; je dédare, au nom <le tous mes amis, que le paiti socialiste n'a rien de commun avec ceux qui se livrent à ces actes criminels de violence aveugle. Le parti socialiste a ses doctrines, il a sa tactique, il a son énergie p!!.rticuJit,re, il vous combat à visage découvert; mais jamais, je vous le répète bien haut, jamais vous ne le trouverez complice de ces actes que nous réprouvons autant. que vous. (Applaudissements SUI' quelques bancs à l'extrême-gauche). Sur la demande du ministère, on a mis ~n discu~sion quelques dispositions additionnelles· à la loi sur la presse. Il fallait s'attendre à un mouvement de rfaction. Mais ce qu'il y a eu d'intére:ssant à constater c'est que, pendant le cours des débats, on a plutôt discuté pour ou contre le socialisme et le collectivisme qu'au sujet même des misérables petits articles de loi qu'on veut opposer au torrent de la démocratie sociale qui monte. M. de Mun a prononcé à ce sujet un admirable discours dans lequel il a éloquemment prouvé qu'en enlevant peu à peu aux hommes leur foi religieuse, on les jette fatalement vers le sodalisme révolutionnaire. Bien dit', M. de Mun, c'est en vertu

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