744 LA REVUE SOCIALISTE LA QUESTIONSOCIALE DEVANT LES GORPS ELUS L'évènement sail.lant du mois de novembre 1892 a été la terrible explosion de dynamite de la rue des Bons-Enfants. Les dynamiteurs font si bien le jeu de la politique la plus bourgeoise et la. plus rétrograde qu'on en vient à se demander si les cris de paon poussés par la presse conservatrice et capitaliste sont bien sincères. Rien en effet ne sert mieux leurs intérêts que cés condamnables tentatives; cela permet d'établir une confusion facile entre les socialistes sérieux et les illuminés de l'anarchisme. On fait entendre au public ignorant que les uns et les autres se valent et on jette ainsi le discrédit sur des doctrines qu'on ne saurait réfuter et sur leurs défenseurs. Et cependant, le congrès socialiste international de Bruxelles de 1891 a exclu les anarchistes, pour indiquer d'une façon saillante à tous les gens de bonne foi qu'i'l n'y a rien de commun ni comme tactique, ni comme doctrine entre nous et les chevaliers de la dynamite. Comme l'a très bien indiqué Ernest Roche dans la discussion de la nouvelle loi réactionnaire sur la presse, les anarchiste8 relèvent, comme les partisans de l'ordre bourgeois, du même principe philosophique et moral: l'individualisme et la lutte entre individus. Nous socialistes, nous sommes juste aux antipodes. Il fallait dégager le grand parti de la rénovation sociale de toute complicité ou pratique ou morale avec les auteurs de l'attentat. C'est ce qu'a fait un socialiste révolutionnaire en termes excellents que nous reproduisons ci-dessous. (Séance du 8 novembre 1892).
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