7-10 LA REVUE SOCIALISTE les pouYoirs municipaux d<'scommunes anglaises sont beaucoup plus étendus que ceux de Paris, le County-Cowzcil a apporté dans son administration une audace d'innovations, une vigueur réformatrice qui fout le désespoir de notre confrère. Au mois d'aoùt il constatait que la ville de Londres 11 ·a rien à envier, sous le rapport des fantaisies socialistes de ses administrateurs, à la Yille de Paris, dépassée en quelques mois par ses rivaux de la Tamise. Au mois rl'octobre, antre tuile sur la tète déjà chancelante des gardiens de la tradition anglaise en France. Le correspondant de l'Euonomiste signalait le fait suivant: u Le Conseil municipal de Londres avait invité des soumissions pour la constructions tle loi:::ements ouvl'iers sui· un des sites dont il dispose par dei: expropr1aitions rendues nécessai1·espar la construction du tunnel rie Blackwall sons la Tamise. La Commission chanrée de l'examen de ces soumission dans son rapport au Conseil, exprime l'avis u qu'il serait plus économique pour le Conseil d'entreprendre lui-m~me la construction de ces logement~. vu qu'il n'aurait ainsi à supporter ni le bénéfice de l'entreprencu1·, ni les frais de contrôle. Le Conseil pou1Tait facilement se procu1·e1·tous les matériaux de première qualité au prix mème que les aUI·aient payes les entrepreneurs. La Commission recommande, p,r con~équent, que la construction soit faite par JeConseil lui-mème sans l'inten·ention d'un entrepreneur. Après une longue discussion, le Conseil a adopté la recommandation de sa Commission. i\l. Broms, ancien ouvrier, nommé comme tel membre du Parlement et qui fait partie du Cnunty Council, a dit « que tous les membres du Conseil savaient fort bien 1·cc·onnaitre daus leur capacité privée les avantages qu'il y a à supprimer les interm.ldiaires; pourquoi alors se 1•efusernient-1lsà les reconnaitre aussi en leur capacité publique )l. Sir John Subbock, pour !>apart, considère que le Conseil en entreprenant lui-mème ce genre de travaux perdra le bénéflC'edu stimulant salutaire et fortifiant de la concu1Tt:nce. Les gouvc1'11ementsà son sens, et les municipalités aussi. peuvrnt tout cont1•c)ler - c'est bieu risqué de tant amrmer - mais l'expérience a démontré que s'ils veulent faire par eux-mêmes alors le contrôle disparait. " Mais voilà I Sir John Lublock, grand actionnaire des docks et des Compagnies de gaz no jonit pas d'une autorité bien grande sur nos coreligionnaires du Count~, Council et ses objections n'ont pas été favorablement accueillies. Quelque temps après, non,·elle décrption pour ~i. Brelay, qui partage son temps à l'Economiste, entrP. la critique des affaires municipales et l'éloge des sociétés coopératives anglaises. Au dernier Congrès des sociétés d'l~lande et de Grande-Bretagne, tenu à Rochdale, patrie Je John Bright et forteresse du libéralisme ouvrier, le bureau central des sociétés - le cooperative bom·d - « a chargé deux personnes, connues pour leur talent autant que pour leurs opinions excentriques, de rédiger deux papers destinés à être lns et discutés eu séance plénière. » Ces personnes sont M. Tom Mann, un socialiste, membre de la Fabian Society, et Mlle Beatrix Potter. Tom l\lann devait traiter la question suivantu: Los devoirs des coopérateurs au sujet des heures et des conditions du travail. Yoici comment M. Brelay rend compte de l'exposition faite par le délégué socialiste :
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