REVUE DE LA PRESSE 739 prochaine, dans un pays ou les cinq sixièmes de la population sont, de l'aveu_ même de l'Association c:atholique, protestants. Que dirait M. de Ségur-Lamoignon, si le même cas se produisait à Paris ou à Pest? Que la religion catholique est opprimée, que ses prêtres sont bafoués, et le rédacteur de la chronique ou nous relevons les passages ci tés plus haut n'aurait pas assez d'expressions indignées, pour flétrir ce qu'il considérerait comme un sacrilège. N'importe: l'attitude du Saint-Siège à l'égard du gouvernement très catholique de l'empereur François-Joseph contient une utile leçon à retenir. EliP. montre ce que signifie, dans la pensée des catholiques, la « liberté religieuse >J, et nous recommandons les incidents de Pest aux ministres qui négocient avec Léon XlII. L'EcoNOMISTFERANÇAISa,près s'être longtemps recommandé de ses confrères anglais en économie libérale, a dû, depuis quelques années, renoncer à s'appuyer sur l'autorité des·publicistes d'outre-Manche, les théories du laissez-faire et de la concurrence tombant de plus en plÙs en discrédit chez nos voisins. A tel point qu'aujourd'hui l'exp-ression classique d' '' école de Manchester", d' '' école anglaise", sont devenus un anachronisme. En réalité, il n'y a plus d'économistes libéraux qu'au collège de France, et si peu flatteur que cela soit pour notre amour-propre national, les théories jadis en honneur dans la mercantile Albion se sont réfugiées à Paris, dernier asile des doctrines barbares que la science économique a répudiées partout. Les rédacteurs de l'Economiste Français avaient au moins, dans ce désastre de leurs croyances l?), la consolation de pouvoir affirmer que si leur système économique subissait une éclipse en Angleterre, cette éclipse ne serait, après tout, que passagère, et que jusqu'à ces derniers temps, les doctrines rivales de l'interventionnisme n'avaient pas encore eu la force de passer dans les faits de la vie économique courante. En matière communale, surtout, le rédacteur municipal de M. Leroy-Beaulieu, M. Ernest Brelay, opposait à l'administration « dépensière, brouillonne, désordonnée, idiote )l, du Conseil municipal de Paris (je ne force pas les termes; il arrivait même souvent à cet écrivain de se servir d'expressions encore plus énergiques), l'administration pleine de sagesse, d'ordre et d'économie du County-Council de Londres. Mais depuis un an ou deux, les socialistes sont entrés dans le Conseil communal de la capital.e britannique, et comme
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