La Revue socialiste - 1892 - Tome XVI - vol 01

731 LA REVUE SOCIALISTE 84.7 %, ocrnpent li millions d'hectares, ou 25.1 % de la superficie totale; mais les 879 mille exµloitations supérieures à 10 hectares, ou 14.3 % occupent 37 millions d'hectares, ou 74.9 %, du territoire national. * * * « Ce détail n'est encore que relatif. Il ne s'agit ici que des exploitations, fermes, métairies, etc. Mais un propriétaire pouvant possédm· plusieurs fermes, métairies, etc., l'on n'a pas la juste mesure du partage du sol. Le tableau suivant va nous révéler l'exacte vérité. Très petite propriété (moins del hectare). Petite propriété (de là 5 hect.) ......... . Petite propriété (de 5 à 10hect.) ........ . i\loyenne pl'opriété (de LO à 50 hect.) ... . Grande propriété (de 50 hectares et audessus ............................. . Nombre du proprl!taim 1.102.200 2.214.000 529.400 4:l8.000 72.700 4.457.200 !Indueposs!dée RKCTARKS 2.000.000 8.647. 700 6.254.100 14.496.200 17.415.000 48.813.000 cc Soit, 3 millions 845 mille petits pl'o~riétaires de moins de 10 hectares, possédant 16 millions d'hectal'es, ou 34.o % du sol national; et 510 mille proprietaires de plus de 10 hectares, détenant 3:l millions d'he..:tares, ou 64.5 % du terl'itoire. « Entre-t-on dans le détail des catégo1·ies, on voit que la petite prop1·iétë de moins de un hectare, de moins de 5 hectal'es, p1·en<IJe plus gl'and nomb1·e des possesseul's. Or, _poul' quiconque est au fait de l'infël'iorité des p1·océdés de notre agriculture et de la faiblesse de ses rendements, on juge de ce que peut rapporte1· à son maître un domaine de moins de 5 hectal'es. En suppornnt qu'unll tene vaille quelque chose à partit' de '5 hectares, on al'rive à ceci qu'un ~11LL10:d-e; propl'iétail'es possède 38 MILLIONSd'hectares, ou 78 % du territoil'e national. cc S1 c'est cela la oi::Moc;RATISATIOduNsol l L'autre article, dù à la plume de M. Georges Dazet, est relatif aux Caisses des Ecoles. Un de nos collaborateurs doit publier ici mème un article documenté sur le mécanisme de cette insUtution, au sujet de laquelle des renseignements précis nous ont été demandés par des municipalité de province. En attendant que paraisse ce travail, void les résultats bienfaisants que signale ~I. Dazet : « Il faut que la société, dès lors qu'elle a décrété l'obligation de l'instruction, fournisse au père les moyens matél'iels de 1·emplir son devoir ,rnvers l'enfant. C'est à re besoin que pourvoient les Caisses des Ecoles, par l'ot·ganisation des cantinils scolaires. « La Caisse des Ecoles est une institution créee par loi; elle est obligatoire dans chaque commune, depuis la loi du 28 mars 1882. Dans la plupart des villa<>es,et même dans nomb1·e de villes, les caisses n'existent que de nom, si mime elles existent; dans les grandes villes et surtout à Paris, elles ont fait des miracles. On peut citer comme modèle la caisse des écoles du 18' a1·l'Ondissement, qui, dés 1874, organisait des cantines scolaires dans les écoles de 111ontmartre; Paris, la grande cité l'épul.Jlicaine, a compris de bonne heu1·e ses devoi1·s envers les enfants, et les Parisiens peuvent rappeler avec orgueil que, dés 184'9, une ~aisse des t!C0les était fondée par la garde nationale. Toutes les cantines scolaires tant à Paris qu'en province, fonctionnent d'après les mêmes principes. Elles distribuent, au repas de midi, des aliroents chauds, dont le pl'ix varie généralement entre 10 et 20 centimes; il y a des portions payées et des pol'tions gratuites. Toutes les précautions sont p1·ises, d'ailleurs, pour que les enfants ne puissent pas distinguer entre eux les convives payants et les invités de la Caisse des écoleR. Le nombre des portions gratuites varie, naturellement, suivant les milieux; à Montmartre, dans certaines écoles, il s'élévo jusqu'à 60 %.

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