REVUE DE LA PRESSE 733 leurs souhaits de confratnnité. Nous ne signerions pas sans réserves le programme paru dans son premier numéro, et notamment le paragraphe où notre nouveau confrère précise en ces termes la signification de son titre: La République « qui fera prévaloir la liberté de l'homme, la liberté du travail ('?J, la liberté de la conscience contre les gouvernements de tyrannie, de routine, etc ... » On a tant abusé du mo't Liberte, au cours de ces dernières années, qu'il nous répugne toujours un pen, quand nous le voyons accolé à son expression contraire : le travail. Mais les programmes valent surtout par ceux qui les mettent en œuvre, et nous sommes heureux de constater déjà que nous pourrons trouver dans la Vraie Republique des faits intéressants. Nous la mettrons même tout de suite à contribution en retenant deux articles parus dans son dernier numéro. Le premier, dù la plume de M. Fernand Maurice, dont le nom est familier à plus à'un lecteur de la Revue, s'élève contre l'opinion courante, que la Révolution française et l'évolution agraire, qui a complété depuis 1789 l'œuvre de la Révolution, ont parachevé la démocratisation du sol. Dans des débats parlementaires récents, M. Camille Pelletau disait à la Chambre: « C'est notre force, c'est notre honneur, et peut-être notre richesse, d'avoir une propriété plus divisée, plus démocratisée que part@ut ailleurs ... ,, Au cours de la dis0ussion sur le régime des boissons, M. Déroulède défendant les privilèges des bouilleurs de cru au nom des intérêts de la petite propriété, s'écriait: La grande pi·opriété est une infime minodté en Fi·ance, et c'est la démocratie paysanne qui possède la plus grande partie du sol. Vous -faut-il des preuves? Voici des chiffres : Il y a en France 5.700.000 exploïtations _ag1·icoles-; ce premiei· chiffre en dit déjà beaucoup sur le partage de la ter1·e. Mais ce n'est pas tout: dans ce total général, il y a ,~.200.000propriétaires de parcelles de terre, mesurant ·de l à 10 hectares. (Interruptions à gau,;he). M. Fernand Maurice répond: « Il est exact qu'il y a en !<'rance environ 5 millions 700 mille exploitations ag~icoles, et que sui· ce nombre, 4 millions 800 mille sont inférieures en étendue à 10 hectares. Mais ce renseignement, ainsi produit tout seul, n'a aucune signification. 11faut le compléter en donnant l'étendue du sol occupé par l',msemble de ces petites exploitations. « On arrive alors aux résultats suivants : Très petite eulture (moins de 1 hectare). Petite culture (de 1 â. 5 hectares) ....... . Petite culture (de 5 à 10 hectares) ...... . Moyenne culture (de lO à 50 hectares) ..• Grande culture (de 50 hect. et au-dessus). Nombdre sexploitationsEtendutoetale 2.167.600 1.865.800 769.100 783.600 85.600 5.6711'700 HKCTAR~S 1.083.800 5.597.600 5.768.600 17.384.500 19.727.200 49.561. 700 . 1< Et l'on voit de suite ce que vaut l'argument de l'extrême division d_u sol. Les 4 millions 800 mille exploitations inférieures à 10 hectares, s01t
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