La Revue socialiste - 1892 - Tome XVI - vol 01

î26 LA REVUE SOCIALISTE DE LA RÉFORME DE L'INSTRUCTION ETDE L'ÉDUCATION PUBLIQUES Il m,t hors de doutes que la devise républicaine s'étalant surtous les monuments publics n'exprime qu'un desideratum, et qu'il n'y aura jamais en réalité de« Liberté » tant que ceux qui ne possèdent passeront sous la dépendance directe et absolue de la mi~orité capitaliste qui les étreint non-seulement au point de vue économique, mais encore au double point de vue de l'instruction et de l'éducation ainsi que de!lpositions qui en sont les privilèges naturels, sans qu'il soit possible de briser cette barrière contre laquelle vien11cnt souvent se heurter des intelligences supérieures. Comment peut-on espérer davantage l'application de cette autre partie de la devise républicaine «Egalité» qui n'est pour notre époque qu'une chimère, quand pour les raisons précitées, la fortune et la position acquise créent de droit une classe de privilégiés, qui est la négation absolue de ce principe immuable qui ne devrait avoir d'autres dérogations appréciables, que celles dérivant de la nature. Si dans les conditions actuelles la Liberté et !'Egalité sont sacrifiées, la Fraternité ne l'est pas moins, et l'on ne saurait fn attendre des manifestations réelles et efficaces, quand de si grandes distances nous divisent par l'intérêt, l'éducation ·et l'instruct.ion, partageant la société en catégories d'êtres humains, qui ne paraissent même pas toujours avoir la même origine, tant les différences que créent les avantages dûs à la fortune et aux positions occupées, sont grandes. Nous qui sortons directement de ce qu'on est convenu d'appeler peuple, ilous, dont les parents sont tous des ouvriers, et

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