RACHAT DES CHEMINS DE FER 725 <:urrence ? Est-ce que, d'autre part, le personnel des Compagnies n'est pas recruté aux mêmes sources que le personnel de l'Etat ? La seule différence qui existe entre l'exploitation des Compagnies et celle de l'Etat, c'est que celles-là ne se préoccupent que d'intérêts privés, que de dividendes à payer, tandis que l'Etat se dirige d'après l'intérêt général. Car, comme dit Toussenel, « l'Etat c'est nous, redisons-le sans cesse. La caisse de l'Etat, c'est la nôtre. La richesse de l'Etat est la mesure de notre prospérité, car l'Etat ne thésaurise pas. Quand il y a de l'excédent dans les recettes du trésor, il faut de deux choses l'une : ou que cet excédent soit converti en dépense d'utilité publique, ou qu'il serve à réduire d'autant la masse de l'impôt, l'Etat n'a pas d'intérêt à exploiter le travailleur, ni à réduire ses salaires au dessous du minimum ...... il est intéressé, au contraire à ce que le peuple vive heureux et paisible, puisque sa tranquillité et sa prospérité sont solidaires du bien être <lesclasses laborieuses (1) ». Monopole pour monopole, le monopole de l'Etat est cent fois préférable à celui des Compagnies. L'Etat, maître des chemins de fer, accomplirait les réformes si impatiemment attendues et que les Compagnies sont intéressées à ne pas entreprendre. M. Wickersheimer dresse le plan des réformes qui doivent assurer la prospérité publique: construction d'un réseau de 20,000 kilomètres de chemin de fer économiques à voie d'un mètre au lieu des 4,500 kilomètres projetés de voies onéreuses ; ces chemins économiques relieraient aux grandes lignes les principaux chefslieux de canton et feraient pénétrer la vie jusque dans les communes rurales ; abaissement des tarifs, exploitation, à titre d'expé- . rience, d'une partie d'un réseau par des syndicats d'employés et d'ouvriers, etc., etc. Je ne puis entrer dans les détails. J'ai essayé de présenter en raccourci les principales questions traitées dans cet important ouvrage. Je ne puis qu'inviter le lecteur à s'y reporter, l'assurant qu'il trouvera des renseignements précieux, des documents authentiques, à l'aide desquels il pourra asseoir solidement ses convictions. Le jour où l'opinion publique sera suffisamment éclairée sur la question des chemins de fer, où elle saura ce que coûtent à la France les grandes Compagnies privilégiées, où elle aura devant elle le tableau de leurs accaparements successifs, où elle pourra enfin comprendre la puissance redoutable de ces manieurs de millions, - de millions des autres, selon l'expression de Camille Pelletau, - ce jour-là, elle n'aura plus qu'un souci en tête: se débarrasser au plus vite de ces sangsues malfaisantes qui épuisent le pays et préparent sa ruine. . M. Wickersheimer aura grandement contribué, pour sa part, à dénoncer le péril. Il faut l'en féliciter. E. RAIGA. (1)Toussenel : Les Juifs rois de l'époque; T. II, p. 133.
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