ï24: LA REVUE SOCIALISTE Le rachat des quatre compagnies obérées est-il donc une opération financière qui doive être fort dispendieuse ? « Beaucoup de gens s'imaginent, écrit Camille Pelletau dans la préface qu'il a consacrée à l'étude de M. Wickersheimer, qu'il faudrait débourser des sommes extraordinaires pour acheter d'aussi vastes exploitations. Ils ne savent pas ce qu'il y a d'inexact dans ce nom de cc rachat >> donné à la reprise des chemins de fer. En réalité, c'est surtout un changement d'administration. On ne sait pas assez que le prix du prétendu rachat se résoudrait, non en un capital ù, verser, mais en une annuité dont une partie est naturellement fournie par les recettes que les Compagnies encaissent, que l'Etat encaisserait et dont le reste correspond aux garanties actuellement à notre charge. En sorte que, financièrement, à part les questions de détail, qui foraient pour un chiffre très restreint le bénéfice ou la perte de l'opération, et qui en feraient assurément le bénéfice, il n'y a pas payement d'un prix de rachat, mais changement d'étiquettes sur ùes sommes payées dès aujourd'hui. Et il ne faut pas oublier que le montant des dettes des Compagnies compenserait le prix du matériel roulant. >>. M. Wicker::iheimer démontre, après avoir présenté un bilan détaillé des recettes et des dettes de chacune des Compagnies d'Orléans, de l'Ouest, du Midi et ùe l'Est, que dans les conditions de recettes actuelles, le rachat de ces Compagnies se traduirait immédiatement par un boni d'environ 1G millions sur le budget tle l'Etat. 1\Iais le chœur des intéressés s'écriera aussitôt: cc Vous voulez donc exposer l'Etat it tous les risques d'une entreprise de transport et mettre votre budget à la merci d'une exploitation industrielle ! » C'e:t, en effet, une des principales objections stéréotypées qu'on vous lance à la face. Comme si l'Etat français, à l'heure actuelle, ne subissait pas déjà tous les risques des grandes entreprises ùe transport et le budget français n'en ressentait pas Lousles contre-coups! Aujourd'hui l'Etat assume toutes les chances de pertes, sans avoir, en revanche les chances de gain. Qu'on lise au projet <le budget les sommes inscrites au ministère des finances et au ministère des travaux publics poor combler les déficits des Grane.lesCompagnies, et l'on sera édifié! 1\lais l'Etat, <lisent encore les défenseurs des Compagnies, est incapable de gérer une industrie avec une économie comparable à celle des particuliers. L'objection est habile, mais mal fondée : Est-ce que les Compagnies peuvent être assimilées à des particuliers ? Est-ce que depuis la constitution des grands réseaux, elles n'exercent pas le monopole le plus formidable qui soit? Est-ce que par l~tmême elles ne sont pas soustraites à l'aiguillon de la con-
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