RACHAT DES CHEMINS DE FER 723 C'est ainsi qu'elles prétendent proc1,1rerà l'Etat par l'impôt sur les voyageurs et la grande vitesse, un profit de 88 millions. M. Wickersheimer fait justement observer que cette somme est tout entière à retrancher. En effet, si tous les chemins de fer étaient exploités par l'Etat, elle serait exactement la même. En d'autres termes: l'intermédiaire des Compagnies ne donne de ce chef aucun bénéfice à l'Etat. Les Compagnies font, il est vrai, la perception gratuite de cet impôt. Mais cette recette ne coûte pas un. sou aux Compagnies, car le prix de l'impôt est incorporé dans les billets et dans les tarifs de grande vitesse. En outre, cet impôt n'est pas payé par les Compagnies (c'està-dire par les actionnaires) mais bien par le public voyageant ou transportant; les Compagnies ne paient pas un centime d'impôt pour le monopole dont elle jouissent. Tout aussi justifiés les prétendus profits procurés par le service des postes et le transport des militaires et des marins. En fin de compte M. Wickersheimer réduit les 300 millions annoncés à 15 millions. Tel est le chiffre exact des profits particuliers que l'Etat retire de l'exploitation par les Compagnies. D'ailleurs la tactique des Compagnies a toujours été de farder la vérité et même de la travestir. Pour conserver et accroître leurs privilèges, il faut voir avec quelle habileté, elles ont toujours su amener les gouvernements à .capituler devant elles. M. Wickersheimer nous donne, dans un chapitre fort suggestif, l'histoire de leurs manœuvres. Profitant soit des embarras financiers de l'Etat, soit de la faiblesse ou de la complicité des pouvoirs publics, elles sont toujours parvenues à violer leurs engagements. Les contrats passés avec elles n'ont jamais été qu'un leurre pour la France. << Le jour où le peuple se rendra compte, dit l'auteur, de la -question des chemins de fer, l'histoire seule des violations successives de tous les contrats passés, depuis soixante ans, entre l'Etat et les Compagnies, suffira à entraîner la question du rachat avec une vigueur telle que toute opposition sera emportée comme un fétu de paille par un ouragan. » Que de brochures répandues à profusion par leurs soins pour donner le change sur le rachat et pour en dénaturer le sens ! Que de préjugés soigneusement entretenus par les intéressés pour faire de cette mesure de salut public un véritable épouvantail ! Il faudra pourtant y arriver si nous voulons éviter la ruine des finances publiques, ou plutôt la ruine de la France. Le rachat apparait comme le moyen unique de remédier au système des conventions scélérates qui nous mène directement et rapidement à une épouvantable catastrophe. . ,
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