RACHAT DES CHEMINS DE FER 721 des projets d~· dépenses exagérées, escomptant par avance les réductions qu'y fera le gouvernement. Celui-ci rogne en effet ces dépenses et les Chambres invariablement les sommes ainsi arrêtées ... cc On comprend sans qu'il soit nécessaire d'insister à quels gaspillages peuvent conduire de pareilles conditions où des Compagnies faisant appel à la garantie d'intérêt sont désintéressés. beaucoup plus qu'il ne le faudrait d'une gestion économique ... cc Les lignes ajoutées aux réseaux des Compagnies par les conventions de 1883 seront construites par l'Etat sauf un concours des Compagnies de 25,000 francs par kilomètre. Mais il faut ajouter qu'en compensation de ce concours, l'Etat leur a fait de nombreux cadeaux, soit en lignes construites anx frais du Trésor, qu'il leur a abandonnées, soit en annuulant une partie de leur dette au chef de la garantie. cc. En acceptant le remboursement des dettes des Compagnies en travaux sur leurs propres réseaux, l'Etat a d'abord renoncé aux intérêts des sommes qu'il avait avancées et dont l'accumulation ~ finissait par faire une somme considérable ; ensuite il s'est exposé à avancer de nouveau à titre de garsntie, les intérêts de ces intérêts sans êtra certain de les récupier - on peut même dire qu'il a renoncé au capital de cette dette puisque en cas de rachat, il assume les charges effectives de tous les emprunts des Compagnies et le paiement des dividendes des actions. Il leur fera ainsi cadeau de 600 millions qu'elles devaient encore au moment des conventions. » Il est inutile d'insister sur le caractère scandaleux de ces conventions de 1883: Elles sont suffisamment connues. Mais il est du plus haut intérêt de montrer les résultats qu'elles ont produits. Avec ce système, que se passe-t-il ? Les Compagnies, qui comme celles de Paris-Lyon, et du Nord sont prospères et peuvent espérer échapper à la garantie d'intérêt, profitent du régime de la garantie pour faire des dépenses qui· diminueront plus tard leurs frais d'entretien et augmenteront le dividende des actionnaires lorsqu'il sera redevenu libre. De plus, ces Compagnies qui approchent du moment où elles seraient obligées de partager leurs bénéfices avec l'Etat ont un véritable intérêt à exploiter assez chèrement pour ne pas donner prise sur elle. Au contraire les Compagnies qui, ne pouvant de longtemps espérer de revenu que de l'argent des contribuables, ee cantonnent dans l'inertie. Bien plus, n'étant· aiguillonnées par aucun des stimulants ordinaires de l'industrie privée elle n'ont aucun intérêt à gérer, avec économie, les réseaux qui leur sont cohfiés. Quoi qu'elles fassent les dividendes sont garantis ! A quoi bon se donner tant de mal ? 46
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