RACHAT DES CHEMINS DE FER 719 sheimer arrive.donc à propos pour indiquer nettement au pays qui sera prochainement consulté, toute la gravité et toute la portée de la question. L'auteur a soin d'indiquer que ce n'est pas au nom de <f certaines doctrines économiques >> (page 212) - les doctrines du socialisme, évidemment - qu'il se prononce pour le rachat des quatre Compagnies sus-nommées, et l'exploitation de leur réseau par l'Etat. Ce qu'il a en vue c'est la cessation des abus du monopole. Il veut mettre en garde contre les dangers qu'ils font courir aux finances publiques. C'est donc surtout au point de vue financier, et des réalisations pratiques et immédiates qu'il se place. Quelles que soient les tendances de l'auteur en ce qui concerne le socialisme, peu importe. Le principal pour nous, c'est qu'un homme de bonne foi et de sérieuse compétence, vienne apporter à l'appui de la thèse qui nous est chère, l'appui de son autorité et nous montre la possibilité ùe diminuer, en une certaine mesure, la néfaste influence de la féodalité ploutocratique. Aussi bien, les lecteurs de la Revue socialiste nous sauront gré de les entretenir quelques instants de l'ouvrage de M.Wickersheimer. Mais d'abord, pour plus de clarté, je rappellerai brièvement quels engagements liaient les Compagnies et l'Etat avant les conventions de 1883, et quel nouveau régime nous subissons depuis cette époque. Antérieurement à 1883, les lignes concédées aux six grandes Compagnies, étaient divisées en deux sections: l'ancien et le nouveau réseau. On établissait chaque année, séparément, le compte de chacun de ces deux réseaux. L'ancien réseau qui comprenait les lignes à grand trafic était exploité aux risques et périls des Compagnies. Toutefois les produits de ce réseau n'appartenaient pas intégralement aux Compagnies. En prenant l'engagement de garantir un minimum d'intérêt au capital engagé dans les lignes du second réseau, l'Etat avait obligé les Compagnies à concourir au paiement de cette charge, quand les produits de l'ancien réseau dépasseraient un chiffre déterminé appelé revenu réservé. Quant au nouveau réseau, l'État s'était engagé, à garantir pendant 50 ans, l'intérêt à 4 % et l'amortissement au même taux, du capital d'établissement des lignes, jusqu'à concurrence d'un maximum déterminé. En outre, les Compagnies devaient rembourser à l'Etat les sommes qui leur avaient été avancées à titre de garantie d'intérêt, avec les intérêts à, 4 %, dès que les produits nets du nouveau réseau, accru de l'excédent des produits nets de
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