La Revue socialiste - 1892 - Tome XVI - vol 01

LA LIQU.::DATION FONCIÈRE 717 Serait-it•indiscret de demander à nos consPillers municipaux. républicains, radicaux, autonomistes ou socialistes, de se décider un jour à nous faire du socialisme co:nme sous Louis XV'? Le bou vieux temps,que nombre de propriétaires regrettent, n'était pas pour eux l'àge d'or. S'il avait été question, il y a quelque vingt ans, de mettre à la charge des propriétés riveraines, ou simplement voisines, les travaux de percement de l'avenue de l'Opéra, quel toile dans lfl monde des propriétaires! Le duc d'Orléans n'y eût pas manqué c,ependant: et 0e n'est point sons la Régence qu'un recevettr de rentes eùt pu écrire la lettre citée par Jules Lermina (1), lettre qui fait ressortir en raccourci tous les abus de la propriété sans frein, telle qu'elle • est déchainée à traver.s la société moderne. Voici cette lettre : « Monsieur, j'ai l'honneur de vous informer que, par suite de « décisions municipales, les maisons à numéros impairs formant << l'autre coté de la rue où se trouve votre maison, n° 16, ont « Até expropriées et seront incessamment démolies. Un square « sera construit, avec fontaine, cascade et promenade publique. « En conséquence, j'ai cru devoir, vu l'urgence, informer « les locataires du n° 16 qu'à partir du terme d'avril les loyers ~ sel'aient augmentés d'un cinquième, ce qui porte le revenu <( de vutre immeuble de 25000 à 30000 francs .... » Un régime qui permet l'éclosion d'une pareille prose est un régime condamné. Qu'on nous ramène aux carrières 1 \ G. DAZET. ( La suite au rwochain numéro). ,. (1) _Jules Lermina : A Messieurs les Pi-opriétafres. Plus de Loyers; (Paris, 1897).

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