710 LA REVUE SOCIALISTE et l'on peut prévoir que les obligations hypothécaires de la Ville de Paris feraient une belle prime en Bourse, ..... s'il y avait encore une Bourse. III Mais, pour justifier un projet d'expropriation, visant uniquement Paris par préft'.)renceà toute autre ville, cc n'est peutNre point assez d'arnir montré comment la propriété, dans sa forme actuelle, y exerce plus cruellement ses ravages, et comment le mal a prisù. Paris des proportions inconnues ailleurs; CC' n'est poinL assez d'avoir éLabli que l'expropriation s'imposait au nom de Ja ndcessite publique, qu'elle éLait ratifiée par la justice et ne lèserait aucun intérêt légitime; peut-être convientil encore, pour calmer certaines consciences particulièrement scrupuleuses, <ledire pourquoi la dépossession des détenteurs actuels ne risque même pas de froisser des sentiments r,•spectables. C'est qu'il n'y a pas, en effet, entre la propriété parisienne et le propriétaire, dn moins dans l'immense majoriti.'>des cas, ce lien d'affection qui, dans notre société français0, existe presque partout ailleurs entre l'homme et la terre. On peut estimer qn'il y aurait barbarie. dans l'état actuel des esprits et des faits, §1. exproprier le bourgeois de province, à l'arracher de la vieille maison oi1 il est né, où sont morts ses parents, où toutes les pierres parlent à son cœur et lui rappellent les plus chers souvenirs de la vie de famille. Et quant à nos paysans, qui n'hé iterait à les dé1·aciner de cette terre qu'il aiment d'un si farouche amour, qu'ils arro PJÜ littéralement de leurs sueurs, qui tient aux fl bres les plus in timcs de leur êLreet est devenue comme une partie d'eux-mêmes'! Il faudra, pour justifier de pareils déchirements, que la propriété, poursuivant le cours de ses méfaits, répande autour d'elle la désolation et la ruine, et qu'elle fasse des victimes j nsque dans les rangs des propriétaires eux-mêmes. Mais ù Paris l Est-ce que le propriétaire ai1ne sa maison de ral_'.)port?Est-ce qu'il en connait autre chose qne le nombre des locataires et le uîontant des baux:? Concierge, architecte, receveur de rentes, le propriétaire a tout un personnel qui le décharge de la surveillance quotidienne, des soins de l'entretien, du souci même de la perception du loyer; la propriété ne se manifeste à lui que tous les trois mois, par le montant des sommes qu'il encaisse. Exproprié de ses immeubles, il n'y laissera pas une partie de son cœur. Faut-il faire une exception pour quelques hôtels particuliers, quelques demeures patri-
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