LA LIQUIDATION FONCIÈRE 709 -detelle sorte que les masses laborieuses forgP-nt incessamment l'instrument de leur propre oppression, et renforcent la tyran nie -qui les écrase.-Cela, c'est le vice même du régime, qui engendre forcément l'injustice, toujours grandissante. Quant aux remèdes proposés. j'avoue n'avoir qu'un goût médiocre pour la taxe de plus-value, préconisée théoriquement • par John Stuart Mill et Laveleye, proposée, sur le terrain prati- .que, par M. Catta. La quotité de cette taxe de plus-value serait nécessairement arbitraire: pour combien de temps srrait-elle .établie? à quels immeubles serait-elle applicable? Et puis, . à chaque nouveau progrès, à chaque amélioration nouvelle, le travail serait à recommencer, sous peine de laisser renaître l'injustice 1 ' Le seul remède, eu vérité, sera fourni par la solution la plus radicale, qui se trouve être en même temps la plus pratique. Il faut: 1° Exproprier les détenteurs individuels au profit de la -collectivité, c'est-à-dire, pour le seul cas qui nous occupe, au profit de la Ville de Paris. Ainsi, les racines mêmes du mal seront extirpées, et le retour des iniquités passées est à tout jamais impossible. La plus-value qui résultera des travaux publics, de l'accroissement de la population, des progrès de toute sorte, profitera non plus à une classe de privilégiés, mais à. la -collectivité elle-même ; suivant le mode d'administration qui sera adopté, elle pourra même être purement fictive. 2° liquider la propriété foncière, c'est-à-dire en fixer la valeur à une date déterminée, en distinguant, dans la mesure où le p~rmettront les circonstances, la portion de cette valeur qui .appartient légitimement aux déLenteurs actuels, celle au contraire dont ils ne peuvent prétendre à profiter. On verra plus tard que cette ventilation se fera d'elle-même, d'après une règle -certaine, sans estimatiou capricieuse et san;-;arbitraire: la règle nous sera fourI}ie par les pratiques de l'ancienne monarchie. Ainsi, nous arriverons à déterminer la valeur en liquidation de la propriété foncière. 3° Payer aux proprliétalres dépossédés la valeur de leurs immeubles, telle qu'nlle aura été fixéé au jour de la liquidation, conformément aux règles de la justice sociale. Ce payement se fera au moyen d'obligations amortissables, pourvues d'une affectation hypothécaire, c'est-à-dire gagées, jusqu'à complet .amortissement, par l'ensemble des immeubles expropriés, par la propriété parisienne tout entière. Le service des coupons sera garanti par un privilège sur les revenus des immeubles. C'est-à- -dire qu'il n'y aura pas dans le monde entier de valeur plus solide:
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