LE PARTI OUVRIER BELGE 681 la plus belle et la plus importante assemblée socialiste qu'il y eut jamais. Tous l~s pays de civilisation avancée étaient représentés et les personnalités les plus éminentes de la science et de la politique socialiste étaient là; la liste que nous publierons un jour est la nomenclature de t0us les militants en vue de la démocratie socialiste internationale. Un des derniers évènements marquants de la vie du parti ouvrier est la profession de foi socialiste faite du haut de la chaire de l'Université libre de Bruxelles par l'éminent et savant recteur Hector Denis - le compagnon Hector Denis, comme il le dit lui-même - une des plus belles et des plus nobles figures que la démocratie et'le peuple puissent honorer. Si dans le socialisme on reconnaissait et vénérait des saints, à côté de César De Paepe dont le souvenir pleure toujours dans nos cœurs, on placerait Hector Denis ; puis le bon, aimant et savant B. Malon et Wilhelm Liebknecht, le vieux lutteur érudit, dont la bonté, pour ceux qui le connaissent, égale l'énergie et la fermeté indomptables. Mais notre foi positive se contente de placer ces hommes au plus haut de notre estime et de notre reconnaissance, parce qu'ils contribuent à faire grand, digne, instruit et puissant le socialisme, c'est-à-dire notre parti ouvrier international et qu'ils sont la gloire et l'honneur de notre mouvement émancipateur. Le dernier point à mettre en lumière avant de clôturer, c'est la proclamation de la déchéance du Cens par les censitaires euxmémes, c'est le renversement, par les Chambres des privilégiés, de l'obstacle qui empêchait la classe ouvrière d'arriver à l'électorat. En effet, c'est à la suite d'une série de manifestations en province, couronnée par une démonstration solennelle à Bruxelles, avec démarche â l'Hôtel de ville auprès des députés révisionnistes bruxellois, le démocrate Paul Janson et le bourgmestre Charles Buls, que la proposition de révision fut déposée. Ainsi un mandat populaire fut donné - la proposition fut aussitôt déposée - aux deux représentants chargés déjà par la bourgeoisie de poursuivre la suppression de l'article 47. Cette fois encore comme toujours, et de plus en plus à mesure que les évènements se suivent, l'intervention de la masse populaire étaï°t nécessaire et sa poussée seule pourrait culbuter les résistances intéressées de la réaction. S'il 31'y avait pas eu depuis sept années, une organisation ouvrière se développant et se fortifiant, les efforts de la pléïade révisionniste formée notam.ment de Paul Janson, l'orateur entraî- •nant, d'Emile Féron, le ferme logicien et le tacticien habile, d'Eugène Robert, de Demeur, de Hoµzeau, de Victor Arnould, qui a eu ses bonnes heures également, d'Edmond Picard, le flagel-
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