La Revue socialiste - 1892 - Tome XVI - vol 01

G21 LA REVUE SOCIALISTE loyauté tonjours et quand même; la franchise, l'honnêteté brave et scru pulense vis-à-vis des autres comme vis-à-vis de soi-même; cet honneur qui fait que la valeur des gens ne vient pas de leur fortune mais de leur vie, qui fait qu'on a toujours présent devant lf>syeux le devoir, quelque pénible même qu'elle ptit être à de certains moments, ce devoir qu'on doit toujours acco111plir et en quoi consiste la vraie vertu, celle qui permet à rhomme de s'estimer lui-même, de rentrer avec plaisir dans le fond de sa conscience; ce devoir qui doit être la religion d'aujourd'hui, qui doit èlre recherché et suivi pour lui-môme dans la vie de tous les jours. L'A 1now0 : c·est-à-dire l'amour du prochain, cette fraternité, cett1::s,olidarité qu'ont prêchés nos grands révolutionnaires et leurs précurseurs; cette autre v~rtu qui est par elle-même douce et agréable, dont la culture nous apprend à vivre pour les autres et par là même à goûter une grande félicité; cette solidarité complète, sans classe possible, chacun ne cherchant que le bonheur d'antrui. La Liberté: liberté de penser, d'agir-, - tant que cette dernière n'atteint pas, n'empêche pas la liberté des autres. Or, parmi ces libertés, il n'en est pas de plus granùc, avec la libertl' de conscience, que la liberté du travail (1), si cette liberté n'existe plus, c'est qu'il y a abus de pouvoir de la majorité; c·est qu'il y a écrasement de ceux qui ne pensent pas (ce qui est leur droit absolu) comme cette majorité; c'est que le mot de liberté n'est, qu'un mol, et alors rien n'existe plus s.ans elle, ni la solidarité, ni l'honneur, car c'est manquer à ces deux grandes vertus que manquer à la liberté sainte (2). C'est avec ces trois mots comme guide, que pourra s'établir, sainement et fortement, ce socialisme qui doit remplacer l'injustice par l'équité, l'inégalité scandaleuse par l'égalité la plus grande possible, le bonheur de chacun ne dépendant plus que de son travail et de son intelligence et encore l'inégalité naturellé compensée autant que possible par la grande charité sociale, par la sol'l.darité qui protège les déshérités; l'égoïsme par l'altruisme; la lutte sauvage pour la vie par la paix dans le travail associé; et cette lutte ne cessera que le jour où lrs grands capitaux individuels ne pourront plus se concevoir, car cette propriété monstrueuse fermera toujours le cœur aux plus nobles (1) Du reste, que serait le droit au travail, sans la liberté du travail? (2) f,'est pou;·quoi, bien que socialiste, je suis pour la liberté dans les échanges, la protection étant l'écrasement des uns au pl'oflt des autres, étant l'opposé du droit au travail et du droit à la vie.

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