602 LA REVUE SOCIALISTE M. Jourde propose ensuite que l'Etat soit considéré comme un patron ordinaire et que par conséquent les conflits qui pourront surgir entre lui et les ouvriers de ses manufactures, soient également soumis à l'abitrage. La Chambre a repoussé cet amendement par 317 voix contre 179. M. Basly, plus heureux, a pu faire voter la prise en considération et le renvoi à la commission d'un amendement tendant à organiser l'arbitrage obligatoire pour les différends qui se produisent entre les concessionnaires des mines et leurs ouvriers. Dans la séance du 22 octobre une longue discussion s'est engagée au sujet de l'amendement Basly, que la commission, après avoir délibéré, a repoussé d'accord avec le gouvernement. Cet amendement a été définitivement rejeté par la Chambre par J59 voix contre 160. Signalons au commencement de la séance du 24 octobre le refus par la Chambre de prendre en considération la proposition de loi relative à l'abolition de la taxe de la boulangerie (droit pour les maires de taxer le pain). Nous avions vivement critiqué le rapport favorable à l'abolition dans une de nos précédentes chroniques (Revue Socialiste - mars 1892, page 340). Nous sommes heureux que, sur les observations concluantes de M. Dumay, la Chambre des députés ait su résister aux avocats du faux et dangereux libéralisme économique. L'affaire de Carmaux qui semblait devoir se terminer par la victoire définitive du suffrage universel a de nouveau interrompu le cours des travaux législatifs. Après l'illogique sentence de M. Loubet qui pourrait se résumer ainsi: 1°Les ouvriers ont eu parfaitement raison de se mettre en grève, puisque la Compagnie en renvoyant Calvignac,sans motif sérieux, a commis un attentat contre le suffrage universel. 2° Quoique les ouvriers aient raison, ils se soumettront cependant aux exigences de la Compagnie. Une demande d'amnistie a été déposée par M. Terrier et repoussée par 324 voix contre 198. Puis l'infatigable député de Belleville, Dumay, a interpellé le gouvernement sur la présence des troupes à Carmaux. L'ordre du jour demandant le retrait des troupes a obtenu une respectable minorité <le90 voix, (séance du 27 octobre). Espérons encore que la constance et l'énergie des grévistes auront gain de cause et que la rentrée de tous les ouvriers sans exception terminera un conflit, qui fait honneur à l'esprit de solidarité de la dasse ouvrière. Signalons aussi l'interpellation de Basly, développée au commencement de la séance du 27 octobre, au sujet de la guerre de tous les instants faite par les compagnies minières du Nord
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