• LA QUESTION SOCIALE DEVANT LES CORPS :ÉLUS 599 que personne ici, ni un membre du Gouvernement ni un membre de la majorité, ne pourra se refuser à le voter: << La Chaml)re, confiante dans la volonté du Gouvernement de faire respecter les droits r.t la liberté du suffrage universel, l'invite à appliquer à la' compagnie des mines de Carmaux les lois de 1810 et 1838 en pom·suivant sa déchéance et en prenant immédiatement les mesures provisoires nécessaires pour assurer avec la reprise du travail la sùreté publique compromise par le fait de la Compagnie. >> (Applaudissements à gauche). (L'orateur en retournant à son banc, est félicité par ses collègues). Nous ne citerons que pour mémoire les explications embarrassées du baron Reille, qui a produit à la tribune des accusations fausses au sujet des absences de Calvignac. Ces accusations ont été à nouveau réfutées par Baudin, qui a exhibé la photographie du certificat de maladie délivré par le médecin de la Compagnie et qui a conclu éloquemmênt en ces termes: Je vous le répète, la Compagnie ne saurait sortir de ce dilemme: Ou le renvoi de Calvignac a eu un motif politique, ou il n'en a pas eu. Si Calvignac a été simplement renvoyé, comme on l'a dit, parce que son travail était irrégulier, je pourrai~ répondre aux défenseurs de la Compagnie, si je reprenai11 la discussion - ce que je ferais, certes, moins bien que mon ami M. Millerand - que, chaque fois quo Ca,lvignac renh'ait d'absence ou de maladie, on lui impo~ait un nouveau ch6mage. Je vous le prouverais avec les comptes de la Compagnie elle-même. Dès le lundi, on lui disait: <( Tu chômeras parce que nous n'avons rien à te donner à faire ». Ces chômages n'ont-ils pas été nuisibles à son travail? Je pourrais vous monti'er par des certificats qui sont entre les mains de M. Dupuy-Dutemps, que plus Calvignac défendait le syndicat, plus il avait la confiance de ses cama1·ades, et plus on lui donnait, à lui, ouvrier excellent, des mauvais travaux, comme par exemple les travaux de nettoyage. C'est bien la preuve que les chômages qu'on lui imposait ne gênaient pas le travail. A qui fera-t-on croire qu'on n'a pas voulu frapper l'homme politique? La première préoccupation des ouvriers, comme de celui qui vous parle, a été de défendre la République; ce n'est pas la première fois que nous la défendons, et nous le ferons toujom·s. Je vous supplie, messieurs, de ne pas émettre un vote qui m'obligerait de dire aux ouv1·iersde Carmaux: « La voie légale vous est fermée, choisissez un autre moyen! » (Applaudissements à l'extrême gauche). Tout le monde connaît la fin de la discussion : L'arbitrage accepté, après plus de deux mois de résistance, par le baron Reille, c'est-à-dire la soumission, au moins apparente, de la Compagnie. A la fin de la séance l'urgence a été déclarée au sujet d'un projet de loi déposé par M. Baïhaut et relatif au retrait et à la déchéance de la propriété des mines. cc Cette proposition corncc plète et rend plus clair les cas de déchéance ; elle simplifie la « procédure à suivre, elle stipule ~u'en cas de déchéance, le
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