La Revue socialiste - 1892 - Tome XVI - vol 01

584 LA REVUE SOCIALISTE savoir pour comprendre le passé, le présent, l'avenir du socialisme. Il étudie d'abord le socialisme dans l'antiquité, puis dans la J)ériode chrétienne, puis chez les grands utopistes tels que Thomas Morus et enfin pendant la Révolution Française. Dans une deuxième partie, intitulée justement : Socialisme idéaliste, nous voyons défiler les grandes figures de Saint-Simon, Owen, Fourier; puis le Socialisme de l?'ansition avec Vidal, Pecqueur, Colins, Cabet; enfin nous arrivons au Social?'ste 1·écthste, ùe Marx qui est longuement exposé. Sous le nom de Co{lectivisme moden1,f', Malon expose, en quelques _chapitres lumineux, les conclusions du grand parti socialiste contemporain international sur la question morale, sur la propriété, sur la famille, sur la crise politique et sur la grande iniquité économique qui déshonore la civilisation moderne comme l'esclavage déshonorait la société antique. Mais pour faire cesser cette iniquité devons-nous nous proclamer révolutionnaires et exclusivement révolutionnaires ? - Non. répond le savant directeur de la Revue socialiste; nous devons présenter à la Bourgeoisie un programme de réformes pratiques et la mettre en demeure de réaliser progressivement ces réformes. Si la bourgeoisie refuse, nous aurons le bon droit de notre côté, notre conscience sera tranquille et quand des circonstances révolutionnaires éclateront alors nous serons révolutionnaires avec ardeur, car nous aurons fait tous nos efforts pour amener une solution équitable et pacifiques des antagonismes criants qui agitent le monde capitaliste et qui le tueront. Six chapitres sont consacrés à l'étude de ces réformes possibles, immédiatement applicables. Puissent les hommes politiques et les électeurs s'inspirer de ce programme si sage et ùont la mise en pratique serait si bienfaisante à tous ceux qui souffrent. En terminant, le poète qui est dans l'âme de Benoît Malon se réveille après le savant et l'économiste. Nous jetons avec lui un regard vers l'avenir probable que le socialisme nous réserve. Dans une vision étincelante de lumière printanière, nous voyons une société collectiviste surgir avec toutes les grâces de la jeunesse, au milieu des acclamations reconnaissantes des hommes délivrés du mal et de l'injustice. Ce n'est là peut-être qu'un rêve, qu'un idéal lointain. C'est, en tous cas, un bel idéal qui vaut bien qu'on vive et même qu'on meure pour lui. A. DELON. P. S. - Je n'ai pu esquisse!' qu'à grandes lignes la contexture générale du Précis historique, théorique et pratique de socialisme. La préface que

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