• LA LIMITATION DES HEURES DE TRAVAIL EN BELGIQUE 579 tuent pas plus un argument contre la réglementation que contre l'introduction des·machines et de tous autres moyens d'économiser la main-d'œuvre. On doit seulement en conclure que les lois de fabrique devraient être complétées par certaines mesures de protection et de transition en faveur des intérêts lésés. « C'est aussi un bon argument, dit Miss Jeans, pour prouver que lorsqu'on a fait un premier pas dans la voie de la réglementation, il vaut mieux aller jusqu'au bout. >> 3) Etant donnés ces résultats, il paraît impossible de soutenir que la limitation <les heures de travail serait un bon moyen de diminuer le nombre des chômeurs. Pour que ce résultat soit atteint il faudrait que la production par tête d'ouvrier se réduise, .sans que la production totale diminue dans la même proportion. En d'autres termes, la charge résultant du moindre effet utile de chaque ouvrier, devrait se répercuter de telle sorte que la consommation ne se contraste pas d'autant. Or celà ne semble guère possible, sauf pour cartaines industries locales, que dans l'hypothèse d'une entente internationale. II. - Au point de vue phys1·que. Les rapports des inspecteurs suisses attachent une grande importance aux résultats obtenus à ce point de vue, surtout dans l'industrie de-la broderie. Nous ne voyons néanmoins pas qu'il faille s'exagérer les avantages à attendre de ce côté, de la réglementation du travail. Toutes autres conditions restant égales, la dépens~· de forces est la même pendant dix heures de travail intensif que pendant douze ou treize heures de travail nonchalant. Le seul avantage c'est la durée moins longue du séjour à l'usine. Au surplus - sauf dans certains métiers particulièrement insalubres, nous ne croyons pas que la réglementation des heures de travail soit indispensable dans notre pays pour empêcher la dégradation de la race. Il s'agit en somme d'une question d'équilibre entre la recette et la dépense physiologiques. Or, les travaux de M. Denis sur la statistique alimentaire établissent que, pour la masse des ouvriers belges, la ration quotidienne suffit pour compenser la_ déperdition des forces. Certes, la consommation de viande est manifestemen'.t insuffisant, mais, l'excédent en hydrocarbure supplée à l'insuffisance des éléments azotés. Le déficit qui existe en ce qui concerne ces dernières exerce surtout une influence mauvaise sur leur développement cérébral. III. - Au point de vue moral et ?°ntellectuel. En Suisse, les rapports d'inspection et les témoignages de be:mcoup d'industriels déclarent que 'les effets de la loi ont été
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